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Burkina Faso. Huit mineurs d’une entreprise canadienne bloqués sous terre depuis trois semaines

Depuis le 16 avril, huit mineurs sont portés disparus, coincés à plus de 500 de profondeur dans la mine de zinc de Perkoa, au centre-ouest du Burkina Faso, exploitée par la compagnie canadienne Trevali Mining. Un drame qui rappelle les conditions de travail inhumaines dans les mines, le plus souvent détenues par des entreprises étrangères.

mardi 10 mai

Photo : Primature du Burkina Faso

Depuis plus de 20 jours, huit mineurs sont coincés à des centaines de mètres sous terre dans la mine de zinc de Perkoa, dans la région centre-ouest du Burkina Faso. Le drame s’est produit à la suite d’une inondation due à de fortes pluies selon Trevali Mining, l’entreprise qui détient 90 % la mine de Perkoa. L’opération de sauvetage est dans l’impasse, puisque pour atteindre la chambre de refuge localisée à plus de 500 mètres de profondeur où devraient se trouver les mineurs, il faut un large dispositif de pompes opérationnelles, qui n’étaient pas prévu avant l’accident. Un membre de la famille d’un des mineurs racontait : « On avait annoncé la date du 5 mai » pour que les sauveteurs atteignent la chambre de refuge, « mais malheureusement cette date est passée sans qu’on puisse voir nos frères. »

Le secteur minier est l’un des piliers de l’économie au Burkina Faso, dominé principalement par l’exploitation de l’or, et constitue environ 11 % du PIB. Le boom minier se doit notamment à la politique menée en Afrique par la Banque mondiale entre les années 80 et 2000 qui a redéfini les politiques publiques dans le secteur pour mettre en place des réglementations attractives pour les investissements étrangers. Loin de profiter à la population locale, ce sont les entreprises qui se font du profit sur le dos de la santé, voire de la vie des travailleurs. L’entreprise canadienne Trevali Mining, en l’occurrence, a pu prospérer et augmenter les revenus de la société de 61 % l’an dernier.

Les accidents de travail et les morts sur les sites d’extraction relèvent pas de l’« imprévisibilité » et ne sont pas une exception. De nombreux accidents ont eu lieu dans des mines, comme dans les mines de charbon en Pologne, dans une mine d’or en Afrique du Sud, ou encore en République Démocratique du Congo. Et pour cause : les conditions de travail sont particulièrement éprouvantes et dangereuses dans les mines, où s’opère un véritable pillage des ressources naturelles aux conditions de travail inhumaines. La situation dans les mines a été largement documentée, notamment en République Démocratique du Congo, où des milliers de travailleurs, y compris des enfants qui représentent 8 % des effectifs, y travaillent dans des conditions exténuantes, sans ou avec peu de protection pour gagner pas plus de 20 dollars par jour. Au Burkina Faso, la situation n’est pas différente, plus de 40 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté et environ 700 000 enfants travailleraient dans le secteur minier. Ce nouvel accident vient révéler encore une fois l’accaparement des ressources par les entreprises étrangères au détriment et dans le mépris total des conditions de travail des travailleurs, risquant bien trop souvent leur vie.



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