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Notre classe

Pour le respect et la dignité

Burn-out, postes vacants, baisse du pouvoir d’achat : les salariés d’Apei Moselle en grève reconductible

Ce mardi, les salariés d'Apei Moselle qui s'occupent de personnes handicapés mentales se sont mis en grève pour le respect et la dignité. Face au mépris de la direction, ils réclament l'augmentation des salaires, le versement de la « prime Macron » de 1.000€ et l'amélioration des conditions de travail par des embauches.

mardi 9 novembre

Les grévistes au piquet de grève devant le site de Saint-Avold (57).

Prime de pouvoir d’achat, augmentation des salaires et embauche de personnels : les salariés d’Apei Moselle en grève pour le respect et la dignité

Ce mardi, les salariés d’Apei Moselle se sont mis en grève pour réclamer de meilleures conditions de travail et de salaire, à l’appel de la CGT et de Force Ouvrière. Cet organisme qui s’occupe de personnes handicapées mentales, qui embauche plus de 1.000 salariés sur différents site en Moselle et qui a un statut d’association a but non lucratif, permet à ses dirigeants d’empocher de larges bénéfices. A titre indicatif, Marylinne Boulanger, déléguée syndicale CGT, explique à notre micro que l’association a cette année 50 millions d’euros de trésorerie.

Mais les salariés ne voient pas la couleur de cet argent. En avril dernier, alors que l’association venait de réaliser 4,5 millions d’euros d’excédent, les salariés avait demandé une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat de 1.000€ par personne. Or comme le rapporte le journal local Le Républicain Lorrain, la direction ne leur avait accordé qu’une misérable prime de 150 euros, ce qui avait déclenché la colère des salariés.

Face au mépris de la direction, près de trois cents grévistes ont envahi hier le siège de l’association à Thionville. En plus de l’augmentation des salaires et de la « prime Macron » de 1.000€, les grévistes dénoncent également la dégradation des conditions de travail induite par le manque de personnel. Certains sont en « burn-out » nous confie Marylinne Boulanger. C’est la raison pour laquelle ils réclament l’embauche de cinquante salariés supplémentaire pour combler les postes vacants.

Contre la division entre les travailleurs du secteur de la santé : construisons la lutte tous ensemble !

Applaudis pendant le premier confinement, les personnels de santé n’ont obtenu concrètement que du mépris depuis le Ségur de la santé. Pour rappel, pour les concernés, une hausse salariale dite « socle » de 183 euros avait été obtenu pour 500.000 agents de la fonction publique hospitalière à compter du 1er octobre 2021. Seulement, en plus d’être minime, cette revalorisation ne bénéficie pas aux autres métiers du secteur médico-social pourtant eux aussi en première ligne face à la crise sanitaire, et exposés aux conséquences de la casse du service public de la santé.

En l’occurrence, les salariés de l’association Apei Moselle font partie de ces exclus C’est pourquoi l’une de leur revendication est la réouverture des négociations autour du Ségur de la santé. Maryline Boulanger explique ainsi : « le gouvernement nous considère comme des soignants lorsqu’il s’agit de nous forcer à nous vacciner pour travailler, mais quand il s’agit de verser la revalorisation salariale, on est plus du tout considérés comme des soignants et le Ségur ne s’applique pas dans notre secteur ».

Face à une direction qui fait la sourde oreille et au mépris du gouvernement, les grévistes ont décidé de reconduire le mouvement. En relevant la tête et en construisant le rapport de force face au patronat, ils montrent l’exemple et démontrent qu’à la base ce n’est pas la colère ni la détermination qui manque. Alors que les travailleurs de la santé sont soumis à toujours plus de pression pour des salaires de misère, il faut exiger des directions syndicales un véritable plan de bataille pour se battre tous ensemble et refuser la division entre travailleurs du même secteur. Solidarité avec les grévistes d’Apei Moselle !




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