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« C’est le moment de s’organiser » : rassemblement contre la répression au lycée Angela Davis

« Si l’on touche à l’un-e d’entre nous, c’est toute la profession qui est attaquée ! » voilà le mot d’ordre du rassemblement intersyndical qui s’est tenu ce lundi 31 mars en soutien à 4 enseignants réprimés du lycée AD convoqués au rectorat de Créteil pour faits de grève !

lundi 31 mai

Le lycée Angela Davis à Saint-Denis a connu de fortes mobilisations ces dernières années notamment lors de la grève contre la réforme Blanquer mais aussi en novembre 2020 lorsque les enseignants se sont mobilisés pour obtenir des protocoles sanitaires à la hauteur de la situation catastrophique dans les écoles ! Ils se sont battus pour obtenir l’enseignement en demi-groupes ou des embauches massives de personnel dans les établissements scolaires ! 
 
La répression contre les enseignants en lutte sans précédent qui s’abat sur les enseignant-e-s du lycée Angela Davis fait suite à cette mobilisation. 
C’est pour tenter de faire taire la contestation dans un établissement combatif que quatre collègues du lycée ont été convoqués pour plusieurs faits amenant à un entretien au rectorat de Créteil au cours de ces derniers mois ! 
 
Comme le rappelle un enseignant du lycée dans une prise de parole, il s’agit « d’une attaque des militants syndicaux et des élus dans les instances locales dans un lycée qui s’est beaucoup mobilisé ces dernières années ».
 
Ce lundi, deux collègues du lycée sont sortis de l’entretien avec un blâme et deux autres ont reçu un rappel au devoir de fonctionnaire ! Un 5e collègue a une procédure en cours au sein de l’établissement.
 
Le rassemblement appelé par l’intersyndicale a montré que nous ne nous laisserons pas intimider par ces méthodes et a rassemblé au-delà de l’établissement Angela Davis avec la présence de collègues de Choisy-le-Roi ou Blanc-Mesnil mais aussi au-delà de l’éducation nationale avec la présence de machinistes RATP qui se sont illustrés dans la mobilisation contre les retraites.

Plusieurs soutiens sont intervenus tour à tour. Ce sont d’abord des enseignant-e-s venant d’autres établissements de l’académie de Créteil qui ont pris la parole pour apporter leur soutien mais aussi rappeler que plusieurs établissements subissent cette répression : à Choisy-le-Roi, à Blanc-Mesnil au lycée Mozart ! 

Ils rappellent ainsi la multiplication des convocations au rectorat de Créteil et des procédures disciplinaires engagées afin de faire taire ces personnels qui ne cessent de défendre un même service public d’éducation pour tous les élèves à travers leur engagement pédagogique et syndical.
 
« On commence avec une personne et ensuite on s’attaque à l’ensemble de la profession lorsqu’on se défend contre les réformes qui détruisent l’éducation et qu’on résiste ».

C’est pour cette raison qu’il faut « s’organiser collectivement pour répondre à ses attaques inadmissibles » ajoute une enseignante venue soutenir la mobilisation. 
 

La réalité c’est que réprimer dès maintenant les enseignants en lutte qui contestent les réformes Blanquer, c’est pour mieux faire passer « les mauvais coups de demain : plus de pouvoir au chef, moins de moyen, la casse générale de l’éducation » comme le rappelle un enseignant d’Angela Davis. C’est le véritable but de Blanquer à la tête de l’éducation nationale : importer les méthodes du privé et transformer les chefs d’établissements en managers omnipotents.

En effet, alors que Blanquer multiplie les réformes néo-libérales de casse de l’Éducation nationale, il faut des résistances et des mobilisations importantes comme ce fut le cas en novembre dernier lors de la « grève sanitaire » lorsque les enseignants se sont massivement mobilisés pour imposer des protocoles sanitaires à la hauteur de la situation. 

Or, on a un gouvernement qui a nié que les établissements scolaires pouvaient être le foyer de la poussée épidémique et qui renvoie la responsabilité sur les familles qui ne respecteraient pas les gestes barrières ! 

Au rassemblement, des travailleurs de la RATP sont venus apporter leur soutien aux enseignants se rappelant la solidarité essentielle entre les secteurs en lutte. « On a participé aux mêmes mobilisations contre la réforme des retraites, on a construit une grève interprofessionnelle où des profs sont venus sur nos piquets de grève. Aujourd’hui, on subit les mêmes réformes libérales qui cassent nos droits. On a la même répression » rappelant le conseil de discipline qui demande la révocation d’Ahmed Berrahal, militant CGT réprimé pour avoir dénoncer du harcèlement sexuel dans l’entreprise. 
 
Ce n’est donc pas leur professionnalisme qui est mis en cause, mais bien ses choix pédagogiques et son appartenance syndicale qui posent problème, et c’est bien ce qu’ont compris les participant aux rassemblements. Ce sont les libertés pédagogiques prisent par les enseignants et les sensibilités syndicales qui sont encore aujourd’hui réprimées.

La prise de parole de collègues mobilisés depuis le début du quinquennat de Macron et en particulier dans le cadre de la crise sanitaire soulignait la nécessité de s’organiser massivement pour la répression que subissent les collègues cesse et qu’il faudra imposer une pour une réponse à la hauteur : faire front contre la répression mais aussi contre les réformes Blanquer. 

Jean-Michel Blanquer représente un des hommes forts du gouvernement, il a en effet gardé son poste à travers les multiples remaniements ministériels. Dans ce contexte, défaire Blanquer et sa répression représente un coup porté à l’ensemble du gouvernement et nécessite la mobilisation de toutes et tous. Dans une période de relatif calme sociale, les enseignants et les travailleurs au cœur des dernières mobilisations se trouvent ciblés par la répression. Pour y faire face, il est impératif de construire des fronts anti-répression qui vont au-delà des établissements ou des lieux de travails et des étiquettes syndicales et politiques.




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