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Jeunesse

Réforme des retraites

« C’est notre futur qui est en jeu » : plusieurs dizaines de lycées bloqués contre la réforme des retraites

Ce mardi, plusieurs dizaines de lycées étaient mobilisés en France. Sur les blocages, les lycéens appellent à élargir la mobilisation et à construire aux côtés du mouvement ouvrier la riposte contre la réforme des retraites. Un premier « tour de chauffe » qui appelle à une suite.

jeudi 19 janvier

Pour la première date de mobilisation contre la réforme des retraites appelée par l’intersyndicale plusieurs dizaines de lycées étaient bloqués ce matin. Malgré une présence policière importante, sur tous les blocus, une même motivation : faire reculer le gouvernement !

A Paris, les lycées Hélène Boucher, Lamartine et Turgot bloqués

Très tôt ce matin, aux alentours de 7h30, plusieurs dizaines de lycéens de Hélène Boucher (dans le XXème arrondissement à Paris) se retrouvent devant les portes de leur établissement. Malgré la présence d’une dizaine de policiers et l’usage de gaz lacrymogène, quelques minutes plus tard, le blocus est en place.

Dans toutes les têtes, à rebours des tentatives de décrédibilisation des médias mainstream et des politiciens de la mobilisation lycéenne contre la réforme des retraites, la volonté de dire que ce combat concerne aussi la jeunesse. Louise, élève de terminale, nous confie : « C’est notre futur qui est en jeu ! Et on soutient les travailleurs, nos profs, nos surveillants, l’administration et nos parents ! ».

A Hélène Boucher, de premiers signes de cette jonction sont observables. Toute la matinée, les lycéens ont pu recevoir le soutien de travailleurs de la RATP en grève. Yaya, gréviste et travailleur à EDF, était également présent pour apporter son soutien aux lycéens : « Les richesses que nous créons doivent aller à l’éducation, pour former ces jeunes afin qu’ils s’épanouissent, trouver le boulot qui leur plaisent, et pas enrichir les actionnaires » explique-t-il.

A quelques kilomètres de là, dans le 9ème arrondissement de Paris, les lycéens de Lamartine ont également bloqué leur lycée. Sur les pancartes, on peut lire « lycéens contre la réforme des retraites ». A notre micro, Raph appelle à se mobiliser aux côtés des travailleurs : « La réforme concerne aussi les aînés. On va devoir cotiser plus longtemps, beaucoup n’avaient pas prévu ça, c’est très brutal... En tant que lycéens, on veut créer de la solidarité et il faut se mobiliser avec les grévistes »

Enfin, place de la République, ce sont les lycéens de Turgot qui bloquent leur établissement. Dans la matinée, ils seront rejoints par l’ensemble des lycéens mobilisés à Paris. Près d’une centaine de lycéens se retrouvent pour chanter leur opposition à la réforme du gouvernement.

Au cœur des discussions, la volonté de préparer la suite. Un cortège lycéen se constitue à 13h, direction la manifestation.

A Rennes, Toulouse et Nice, des lycéens mobilisés…

Plus à l’Ouest, à Rennes, le lycée de Brequigny et le lycée Jean Macé sont également mobilisés. Plusieurs pancartes sont affichées sur les devantures des établissements. « Grève, blocage, Macron dégage » « Non à la retraite à 64 ans ! » peut-on y lire.

Pour Joyce, cette première mobilisation est le signe que les réformes du gouvernement, de la réforme du bac à la loi LOPMI ainsi que les offensives pour empêcher les lycéens de se mobiliser peuvent être combattues. A Saint-Sernin, à Toulouse, mais aussi à Valdeblore ou à Pasteur à Besançon, on cherche aussi à construire la mobilisation.

Un « premier tour de chauffe » qui doit servir à élargir la mobilisation

Cette première journée de mobilisation contre la réforme des retraites aura donc servi dans les lycées de premier « tour de chauffe ». Celui-ci doit servir de point d’appui à l’élargissement et à la construction d’une mobilisation lycéenne aux côtés des travailleurs. Une perspective et un cocktail qui pourraient considérablement renforcer le rapport de force contre le projet mortifère de Macron et de son gouvernement.

De ce point de vue, gardons en mémoire, que le mouvement lycéen avait joué un rôle d’importance en 2010 contre la réforme des retraites et en 2016 contre la loi Travail.

Dès lors et dès les prochains jours, il va falloir s’atteler à la préparation de la suite en posant la nécessité d’élargir le nombre de lycéens mobilisés. Pour cela, il faudra multiplier les assemblées générales dans les lycées, mettre un point d’honneur à expliquer la réforme et la nécessité de se mobiliser. Pour cause, comme le rappelaient de nombreux lycéens aujourd’hui : « c’est notre futur qui en jeu ».



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