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Politique

Violences policières

C’est officiel : 9228 tirs de LBD depuis le début du mouvement des Gilets jaunes

A la veille du 12ème acte intitulée « la marche des blessé », la représentante du ministère de l’Intérieur a affirmé ce mercredi 30 janvier que le lanceur de balles de défense (LBD) avait été utilisé à 9228 reprises depuis le 17 novembre, date de lancement de la contestation des Gilets jaunes.

jeudi 31 janvier

Crédits Photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, comptabilise seulement quatre personnes blessées à l’œil depuis le début du mouvement. Un chiffre à l’image des mensonges proliférés par le gouvernement depuis le début de la contestation sociale incarnée par les Gilets jaunes depuis le 17 novembre, et démenti par les médias eux-mêmes, qui n’ont pourtant pas à l’avant-garde de la dénonciation des violences policières : "Quatre cas, vraiment ?" questionne L’Obs. "Le collectif militant "Désarmons-les" et le journaliste indépendant David Dufresne ont, eux, recensé 17 personnes ayant perdu un œil à la suite d’interventions policières depuis le début du mouvement", continue le journal. Mais ce sont aussi des centaines de cas de blessés graves qui ont été recensés, et notamment à cause de l’utilisation par la police de lanceurs de balles de défenses (LBD 40), dont les effets sont destructeurs.

Ces engins qui projettent des balles semi-rigides de calibre 40 mm sont classés comme des armes de 1ère catégorie, c’est-à-dire dans la catégorie des « armes à feu et matériels de guerre ». D’après la représente du Ministère de l’Intérieur c’est donc à 9228 reprises que cette arme a été utilisée lors des différents actes des Gilets jaunes. Théoriquement, les policiers ont interdiction de tirer à hauteur de la tête, mais quiconque a déjà mis un pied un samedi à l’une des manifestations des Gilets jaunes pourra témoigner du contraire, à l’image du tir qui a causé la perte de l’œil de Jérôme Rodrigues lors du 11ème acte.

C’est dans ce contexte que ce mercredi, le Conseil d’Etat était amené à se prononcer sur l’usage de cette arme, suite à deux recours formés contre des décisions rendues par des tribunaux administratif, et à un référé-liberté formé par plusieurs syndicats et soutenu par la Ligue des droits de l’homme et le Défenseur des droits. Alors que selon l’avocat qui défendait le référé liberté soulignait la présence « 350 signalements de blessures », dont « 159 blessés à la tête » depuis le début du mouvement, plusieurs manifestants mutilés par des tirs de LBD avaient fait le déplacement depuis Montpellier. Le Conseil d’Etat rendra sa décision vendredi 1er février dans la matinée.




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