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Notre classe

Hospitaliers en colère

CHU Bordeaux. Hier héros, aujourd’hui méprisés : des buandiers voient leur prime réduite

Manque de moyens criant, système D, personnel en sous-effectif...voilà ce que vit le personnel hospitalier, en première ligne face à la crise sanitaire. Hier appelés héros, aujourd'hui c'est le mépris de leur direction et du gouvernement qui s'abat sur eux : à la blanchisserie du CHU de Bordeaux, 1er CHU de France, plusieurs buandiers et d'autres services se sont vus réduire leur prime.

vendredi 2 avril

Au début de la crise sanitaire, nous, buandiers à la blanchisserie du CHU de Bordeaux, et comme bons nombres de services de l’hôpital, n’étions pourvus de masques, là où les gestes barrières sont difficilement applicables. Les personnes vulnérables se sont mises en arrêt, sous ordonnance de leur médecin. Durant cette période, aucune personne n’avait accès à la moindre protection individuelle. Nous ne pensions cependant pas que notre Direction allait nous subtiliser ces jours d’absences sur notre prime de service. Aux dires du Premier Ministre, rien ne laissait présager que cela impacterait les agents en première ligne. Le syndicat CGT blanchisserie s’est battu pour obtenir des masques, mais le personnel de la blanchisserie n’a finalement pu s’en procurer qu’en septembre dernier. Antérieurement à cette date et par manque de masques au sein du CHU, le 1er hôpital de France, nous ne parvenions pas à nous munir de masques chirurgicaux alors que « nous travaillions dans le même service », selon les dires du DRH, venu sur place courant avril.

Fin Janvier, la prime de service ayant été versée, beaucoup d’entre nous furent stupéfaits. Un impact conséquent pour nos collègues. Pourquoi ? Pour s’être protégé comme le recommandait le président et son gouvernement, qui après nous avoir nommés de héros, nous traitent avec mépris. Après avoir demandé des explications à notre Direction, leur réponse fut celle-ci : « Certains de vos collègues se sont arrêtés après la date du début du confinement, soit le 30 mars ou le 14 avril pour certains alors que le confinement a été décrété le 16 mars. Pour les autres, le service santé au travail a conclu que ce ne sont pas des personnes à risques en totale opposition avec leur médecin traitant.  » Cette version est une parmi tant d’autres proférées. Cela est inacceptable d’étudier des dossiers de personnes vulnérables qui plus est entrent dans les 12 critères inscrits dans le protocole établi par le gouvernement lui-même et que le CHU de Bordeaux ne semble même pas respecter. Encore une fois, le CHU de Bordeaux fait des économies sur le dos des travailleurs de la santé . Nous dénonçons cette situation scandaleuse qui traite les travailleurs de la santé avec indignité. 

Si cette prime n’est qu’une juste rétribution des efforts fournis par l’ensemble du personnel du premier CHU de France, elle n’est cependant insuffisante au vu des conditions de travail pénibles qu’endurent ces agents. Les bas salaires, la précarité contractuelle, sont parties intégrantes de la casse de l’hôpital public que subissent hospitaliers et usagers. Une réponse d’ensemble des services du CHU, organisé à la base, pourra venir contrecarrer les plans du gouvernement.

Ainsi, nous exigeons la rétribution de la prime aux agents impactés par ce problème ainsi qu’une augmentation générale des salaires pour l’ensemble des travailleurs de l’hôpital. Plus encore, et face à des décennies de destruction du service public de santé, des embauches massives sont nécessaire ainsi qu’un vaste plan d’investissement pour obtenir des moyens matériels à la hauteur des besoins.




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