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Politique

Le Palais de l'Elysée, une prison

"Ça lui coûte" : Brigitte Macron vit mal son confinement dans les 300m² de l’Elysée

Confinée dans le Palais de l’Elysée, ses 300 mètres carrés d’appartements privés et son parc d’1,5 hectares, Brigitte Macron vivrait mal, d’après le magazine Elle, sa situation. Une insulte pour la majorité de la population qui est contrainte de travailler et de s’exposer à l’épidémie ou se retrouve confinée dans de petites surfaces.

samedi 28 mars

Crédit photo : LP/Arnaud Dumontier

Depuis le 16 mars, la Première Dame est confinée comme une grande partie de la population. D’après le Magazine Elle, qui dépeint la situation de l’Elysée sous confinement, cette situation serait difficile à vivre pour Brigitte Macron. « Ça lui coûte » a ainsi expliqué un proche au magazine qui complète : « A l’instar des Français, l’épouse du Président vit ce retranchement avec difficulté ».

Et de fait, les « Français » peuvent sans peine imaginer les difficultés de Brigitte Macron. Pour cela il suffit de se rappeler où vit la Première Dame. Situé au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, LCI en rappelait en mai 2017 les caractéristiques du logement de fonction du Président de la République : « Le palais de l’Elysée a une superficie de 11 179 m2, dont 300 m2 d’appartements privés, pour 365 pièces (dont 90 en sous-sol). Le parc lui mesure 1,5 hectare. Le budget de l’Elysée était proche des 100 millions d’euros en 2014. Quelque 800 personnes travaillent à l’Elysée, dont une centaine rien que pour gérer le courrier (l’Elysée reçoit près de 2000 lettres par jour), et 350 militaires pour assurer la sécurité. »

Une véritable prison en période de confinement ! Pourtant, en plus des difficultés de l’enfermement, Brigitte Macron doit également affronter l’épreuve des transformations de son quotidien. « Le service à la française, où chacun pioche dans les plats, a été remplacé par le service à l’assiette, plus hygiénique » rapporte ainsi le magazine Elle.

Alors que des centaines de milliers de travailleurs sont contraints de travailler et de s’exposer à l’épidémie pour continuer à faire tourner la société, qu’ils soient soignants, caissiers, postiers, auxiliaires de vie, les états d’âme de Brigitte Macron risquent d’en faire sourire plus d’un. Quant aux confinés, il est probable que la majorité s’émeuve peu du sort de la première dame, à l’image des 4 millions de mal-logés pour qui celui-ci constitue une véritable épreuve comme le rapporte Street Press. Interrogé par le journal, Moussa, étudiant qui vit avec ses deux cousins dans une chambre de 12m2, raconte : « Avant je restais à la fac pour réviser mais depuis le confinement, c’est très compliqué de suivre les cours à distance. Ici je n’ai pas de table et pas de place pour ranger mes affaires. Il y a trop de bruit et toujours des gens qui sortent et qui rentrent. »

Alors que l’ensemble de la population doit faire face à l’épidémie et ses conséquences, les clivages qui traversent la société semblent ainsi plus visibles que jamais. Entre les cadres et cadres supérieurs qui télétravaillent tandis que les ouvriers sont contraints, par la politique du gouvernement et du patronat, de continuer à se rendre à l’usine ou d’imposer l’arrêt de la production par la lutte. Entre les infirmières et médecins qui sont en première ligne face à l’épidémie et les directions des hôpitaux qui ont pris une part active à la casse de l’hôpital public en appliquant les réformes des gouvernements successifs. Entre les mal-confinés et Brigitte Macron, qui vit mal son confinement de luxe au Palais de l’Elysée.

Une opposition de situations qui recouvre tout simplement l’opposition de classe qui structure la société, et dont le caractère plus visible que jamais pourrait être véritablement explosif à l’heure où le gouvernement entend bien faire payer la crise aux travailleurs.




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