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Politique

Offensive réactionnaire

Cabale contre A. Pulvar : La campagne réactionnaire initiée par le gouvernement continue

L’ancienne journaliste, candidate PS en Ile-de-France, s’est attirée les foudres de la droite et du gouvernement après ses propos sur les réunions non-mixtes racisées organisées par l’UNEF. Accusée de « séparatisme » et même de racisme, Audrey Pulvar fait en réalité les frais de l’offensive idéologique qui vise, depuis plusieurs semaines, l’UNEF et toutes les composantes de gauche à l’Université et dans la recherche.

mardi 30 mars

Déchainement réactionnaire et médiatique

Accusée par Marine Le Pen de « provocation à la haine raciale » pour avoir considéré comme légitime le fait que des « personnes discriminées (…) sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter », Audrey Pulvar fait l’objet d’un véritable déchainement médiatique. La présidente du RN va jusqu’à mentionner l’existence d’une prétendue « escalade raciste de l’extrême gauche » tandis qu’Eric Ciotti des Républicains parle quant à lui du retour de « l’apartheid, [voulu] par une gauche racialiste toujours plus sectaire ». Rien que ça.

Le caractère délirant et disproportionné des réactions de la droite, qui somme Pulvar de « s’excuser auprès de la République », saute aux yeux et interroge. Comment expliquer que les propos de la candidate PS, qui a pris parti en faveur de l’existence de simples groupes de paroles non-mixtes dans lesquels des personnes non concernées par les oppressions débattues seraient invitées à demeurer des « spectateurs et spectatrices silencieux », aient pu être assimilés tout naturellement à des mesures d’Apartheid, en référence au système ségrégationniste raciste et meurtrier d’Afrique du Sud ?

Derrière Audrey Pulvar, l’UNEF et les organisations de gauche en ligne de mire

Le déchainement réactionnaire, consécutif aux déclarations d’Audrey Pulvar, montre peut-être surtout l’ampleur et la profondeur des offensives idéologiques que mènent de concert le gouvernement, la droite et l’extrême droite contre les organisations de gauche dans l’Université. L’UNEF se trouve en effet être la cible, depuis plusieurs semaines, de la droite et de l’extrême droite qui cherchent à alimenter par tous les moyens le fantasme de « l’islamo-gauchisme » à l’Université. Accusé de racisme, de séparatisme et de collusion avec l’Islam radical voire le terrorisme, le syndicat étudiant est devenu, de façon récurrente depuis plusieurs, l’épouvantail des partis réactionnaires.

Mais l’extrême droite n’est pas seule dans ce combat contre les organisations de la gauche puisque le gouvernement a lui aussi annoncé vouloir dissoudre l’UNEF et dit réfléchir à des « évolutions législatives pour rendre illégal » le fait d’organiser ce type de réunion. Il est évident que ce sont nos libertés politiques d’organisation qui sont mises en danger par ces mesures autoritaires de surveil...

Offensive idéologique à l’Université

La méthode n’a rien de nouveau : fabriquer un ennemi aux contours flous (l’islamo-gauchisme), responsable des pires maux et porteur d’une idéologique dangereuse pour mieux asseoir son contrôle et son autorité. Dans la droite ligne des attaques de Vidal contre la recherche et de Blanquer contre les universitaires de gauche, Marlène Schiappa a dénoncé lundi 29 mars sur RTL les « parties de la gauche, du PS et de l’UNEF à la remorque des « idées indigénistes », cherchant à entretenir la suspicion autour de ce même ennemi fantasmé.

Ces offensives réactionnaires, dont la virulence et l’excès disent toute la profondeur, ont en fait pour véritable objectif de détruire une partie de nos libertés sur le terrain politique et dans la recherche. C’est pourquoi il faut soutenir les organisations visées, et notamment l’UNEF, directement ciblée par les attaques dirigées contre Audrey Pulvar dont le gouvernement veut faire un exemple, celui-là même qui porte depuis plusieurs mois mène une offensive islamophobe et répressive.




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