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Politique

Irrationalité capitaliste

Cacophonie macronienne autour de l’AstraZeneca : les brevets doivent être immédiatement levés !

Alors qu’Olivier Véran et Jean Castex s’évertuaient, ces derniers jours, à défendre la poursuite des vaccinations à l’AstraZeneca, Emmanuel Macron a pris le contre-pied de ses ministres, suspendant l’administration du vaccin pour 24 heures. Une cacophonie incompréhensible, conséquence de l’irrationnelle gestion sanitaire des capitalistes, et qui ne peut avoir qu’une réponse : transparence totale et levée immédiate des brevets !

mardi 16 mars

Crédits photo : POOL/AFP/Archives

« L’Autorité européenne, l’EMA, rendra demain après-midi un avis sur le recours à ce vaccin (...). La décision qui a été prise en conformité aussi avec notre politique européenne est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca en espérant la reprendre vite si l’avis de l’EMA le permet ». C’est avec ces mots qu’Emmanuel Macron a annoncé, ce 15 mars, la suspension du vaccin AstraZeneca en France pour 24 heures lors du sommet franco-espagnol qui se tenait à Montauban. Une déclaration surprise puisque, la veille au soir, le premier ministre Jean Castex défendait corps et âme la poursuite de la vaccination à l’AstraZeneca, estimant qu’il n’avait pas « le moindre doute » sur ce vaccin lors du live Twitch avec Samuel Etienne.

Un changement de discours donc, alors que dans le même temps la liste des pays suspendant ou retardant les injections d’AstraZeneca s’allonge en Europe. En moins de 24 heures, l’exécutif est ainsi passé du « rapport bénéfices / risques » au « principe de précaution » dans une cacophonie totale, traduisant un mouvement de panique dans la macronie et soulevant de nombreuses interrogations. Désormais, le gouvernement s’en remet au rapport de l’EMA pour reprendre ou non la vaccination à l’AstraZeneca. Dans le même temps, Macron devrait, dans les prochains jours, annoncer de nouvelles décisions.

Il n’en demeure pas moins que cette annonce, avant tout dictée par une pression politique trop forte avec la suspension du vaccin dans de nombreux pays, témoigne d’une cacophonie gouvernementale totale, et qui pourrait avoir de lourdes conséquencse. Comme l’explique Arthur Berdah, Anne-Laure Frémont et Soline Roy dans un article du Figaro, « bien que temporaire, ce retrait expose l’exécutif à un double risque, sur le plan politique et sanitaire. D’abord celui d’aggraver la défiance vis-à-vis de la parole gouvernementale, alors que le premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé, Olivier Véran, se sont répandus ces derniers jours pour inciter les Français à se faire vacciner avec le produit du laboratoire anglo-suédois. Mais aussi le fait de recréer un rejet vis-à-vis du vaccin de manière plus générale, comme cela était le cas au moment des fêtes de fin d’année ».

Mais, c’est la suspension du vaccin en Allemagne qui semble-t-il a été le point de bascule gouvernemental. Après avoir défendu avec acharnement le vaccin Astrazeneca, le gouvernement rétropédale en urgence de peur d’être taxé de manque de précaution. Ce qui transparaît donc, c’est bien que la stratégie gouvernementale se définit au jour le jour, ballottée par les événements et percutée tout autant par un bilan sanitaire catastrophique, comme en témoigne actuellement la situation en Île-de-France, que par les enjeux politiques avec les élections présidentielles de 2022 qui approchent à grands pas. Or, on le sait, Emmanuel Macron a fait all in sur la stratégie du tout vaccin afin d’éviter à tout prix tout reconfinement, présenté comme une solution d’« extrémité » par Jean Castex dimanche soir.

La cacophonie macronienne de ces dernières heures illustre en ce sens l’irrationnelle gestion de la crise sanitaire des capitalistes, dictée par le maintien à flot des profits économiques et par le principe de la « concurrence libre et non-faussée ». Des stratégies qui font chaque jour un peu plus la démonstration de leur inconséquence sur le plan sanitaire.

A ce titre, il devient impératif d’exiger la transparence totale sur les procédés de production des vaccins, ainsi que la création d’une commission indépendante de l’État et gérée par les travailleurs de la santé et du pharmaceutique pour permettre un contrôle collectif sur les vaccins et plus généralement sur la gestion de la crise. Surtout, pour sortir de la logique de concurrence et de course aux profits, il est indispensable d’exiger la levée des brevets, ce qui passera par l’expropriation et la mise sous contrôle des travailleurs de l’ensemble de la santé et du pharmaceutique.




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