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Société

Traque aux migrants. Pegida veut être de la partie

Calais. Le nouveau terrain de ratonnade de l’extrême droite

Julian Vadis La situation dramatique des migrants de la jungle de Calais attise les velléités de l'extrême droite. Alors que le FN tente par tous les moyens de faire valoir ses positions xénophobes sur le sujet, c'est maintenant l'organisation Pediga qui souhaite défiler dans les rues de Calais. Une manifestation interdite par la préfecture.

jeudi 4 février 2016

Pediga, acronyme en Allemand pour "Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident", souhaite participer aux "festivités" d’extrême droite à Calais. L’organisation a en effet appelé à des manifestations anti-islam dans quatorze pays d’Europe samedi prochain. Parmi les villes visées par l’extrême droite, des groupuscules fascistes au FN : Calais et sa jungle, ou 4000 migrants ont trouvé refuge dans des conditions de vie désastreuses.

En plus de la police qui réprime quasi quotidiennement les habitants de la "jungle" à grand coup de tonfa et de bombes lacrymogènes, les milices d’extrême droite organisent de véritables rafles et ratonnades aux alentours du plus grand bidonville d’Europe.

Présenté comme un martyr par les médias dominant, l’habitant excédé ayant braqué avec un fusil des migrants après les avoir menacé et insulté de loin -en réalité militant néo-nazi- sera défendu par Collard, ex avocat sortie spécialement de sa retraite pour l’occasion. Preuve de la solidarité entre xénophobes et que l’extrême droite souhaite faire de Calais un terrain de jeu ouvert à toutes les organisations ou groupuscules susceptible de participer à la traque aux migrants.

C’est donc maintenant Pediga qui souhaite se joindre au bal. Le gouvernement a annoncé ce mercredi son intention d’interdire la manifestation. "Un processus d’interdiction de cette manifestation est en cours puisqu’il s’agit d’un groupuscule extrémiste et que des éléments tangibles démontrent que cette manifestation présente le risque de générer des affrontements entre la mouvance ultra droite et la mouvance ultra gauche en centre-ville de Calais", a indiqué une source de la préfecture.

Si l’interdiction de la manifestation n’est donc pas encore effective, la position de la préfecture va donc dans le sens des souhaits du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve. « J’ai demandé à la préfète du Pas-de-Calais de procéder à l’interdiction de toutes les manifestations, quels que soient leurs organisateurs, qui sont susceptibles d’occasionner des troubles à l’ordre public » a t-il ainsi déclaré, avant de préciser que cette directive s’applique à "tous ces groupes qui appellent à la tension, à la division et à la violence" et qu’elle durera "aussi longtemps que le climat actuel demeurera".

Par ses déclarations, le gouvernement poursuit un double objectif. Apparaître « intraitable » et montrer patte blanche face à l’extrême droite, dont elle fait le lit par ses politiques, tandis que ses forces de polices soutiennent en pratique les milices d’extrême droite, tout en interdisant par ricochet les manifestations de soutiens aux migrants, comme celle du 23 janvier dernier, face à la politique réactionnaire et xénophobe du gouvernement.




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