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Genres et Sexualités

Appel à soutien

Camélia, une espagnole enceinte menacée d’expulsion pour avoir manifesté avec une coque sur son ventre

Nous relayons ce récit effarant de l’interpellation et du placement en centre de rétention d'une manifestante espagnole enceinte, ce 1er mai, au motif de représenter une "menace pour l'ordre public" parce qu'elle portait une coque sur son ventre. Il est appelé à soutenir Camélia ce dimanche matin devant le TGI de Clichy.

dimanche 5 mai

Photo : Serge d’Ignazio

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Depuis plusieurs manifestations, Camelia, militante pacifiste espagnole, défilait à Paris en brandissant une pancarte en carton “Fin du monde, fin du mois, même combat” ainsi qu’une coque de protection destinée notamment à protéger son ventre, puisqu’elle est enceinte.

Jusqu’alors, cela n’avait jamais posé de problème mais le 1er mai, il a servi de prétexte à son interpellation et à son placement en GAV. Il a été qualifié par la police d’arme par destination et les ficelles attachant sa pancarte en carton ont été considérées comme des frondes.

Jeudi soir, elle a été transférée à sa sortie de garde à vue vers le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, une décision que les personnels du centre eux-mêmes n’ont pas comprise. La préfecture de Paris demande désormais le prolongement de son maintien en rétention ainsi que son expulsion vers l’Espagne, assortie d’une interdiction du territoire français de deux ans (!!) au motif qu’elle représenterait une menace pour l’ordre public.

Camelia est Espagnole, donc ressortissante d’un État-membre de l’Union européenne. Elle habite en France depuis 2002 ; enceinte depuis deux mois de son compagnon, lui-même Français, elle occupe un emploi à temps plein en CDI.

Jeudi soir, l’OPJ qui lui signifie la fin de sa GAV, lui explique qu’elle est "relaxée" (sic) des charges retenues contre elles avant de lui annoncer qu’elle est transférée au CRA. Sauf erreur de notre part, aucune interprétation, même la plus extensive, des textes français et européens n’autorise ce placement en rétention et cette menace d’expulsion.

Les motifs et les conditions d’interpellation et de placement en garde à vue des manifestants sont déjà très largement contestés, de même que les motifs et les conditions de placement et de maintien des personnes en centres de rétention administrative. Dans le cas de Camelia, ces deux systèmes ont été poussés bien au-delà des limites de l’absurde et de la légalité.

Non seulement rien ne peut justifier son maintien en rétention, mais le simple fait qu’une ressortissante espagnole puisse faire l’objet d’une telle mesure et se voir menacée d’expulsion pour avoir participé à une manifestation est particulièrement révoltant.

Cette situation témoigne du franchissement d’une nouvelle étape dans l’intensification de la répression aveugle, généralisée et indigne d’un Etat de droit s’opérant actuellement en France.

N’hésitez pas à vous joindre à nous pour appeler à la remise en liberté immédiate de Camélia, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur la gestion de cette affaire, un changement de cap total du traitement des manifestants par les forces de l’ordre.

Nous attendons également de la part du @gouvernementFR et en particulier de @CCastaner qu’ils prennent leurs responsabilités dans cette affaire et présentent leurs excuses à Camelia.

RENDEZ VOUS CE DIMANCHE 5 MAI À 9H30 DEVANT LE TRIBUNAL DE LA PORTE DE CLICHY EN SOUTIEN À CAMELIA

Texte : Lotte, pour les Femmes Gilets Jaunes