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Islamophobie

Camouflet pour Darmanin : le Conseil d’Etat retoque la fermeture de la mosquée de Pessac

Ce mardi, le Conseil d’Etat a rejeté le recours du ministère de l’intérieur, qui contestait l’annulation de la fermeture de la mosquée de Pessac Al Farouk à Bordeaux par le juge des référés. Le juge administratif a ainsi estimé que cette fermeture portait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ». Un camouflet pour le ministère de l’intérieur, qui avait fermé en mars ce lieu de culte par le biais de la préfecture de Gironde en raison de son « idéologie salafiste ».

mardi 26 avril

Une bonne nouvelle ! La mosquée de Pessac gagne par la mobilisation face au ministère de l’intérieur ! En effet le Conseil d’Etat vient de retoquer la procédure de fermeture de la mosquée. Comme le communique l’avocat de la mosquée Sefen Guez Guez, ce « 26 avril 2022, le Conseil d’Etat a rendu sa décision dans le dossier opposant la mosquée de Pessac au ministère de l’intérieur en rejetant purement et simplement le recours du ministère de l’intérieur »

Cette décision vient confirmer celle du tribunal administratif de Bordeaux qui avait déjà, le 22 mars dernier, infligé un premier revers à la préfecture de Gironde en suspendant la décision de fermer la mosquée. Si déjà cette dernière était claire en affirmant le caractère disproportionné de la décision de la préfecture girondine, le Conseil d’Etat déclare sans ambiguïté que « la préfète de la Gironde a pris une mesure de police qui porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ».

Alors que la préfecture accusait la mosquée de diffuser « l’idéologie salafiste », le Conseil d’Etat dément la version de la préfecture et justifie : « ces publications ne présentent pas, compte tenu de leur teneur et dans les circonstances de l’espèce, un caractère de provocation à la violence, à la haine ou à la discrimination ».

Un double camouflet pour la préfecture de Bordeaux et le ministère de l’intérieur, qui bien plus de démontrer leur acharnement et le caractère islamophobe de leur politique, n’aurait pas été possible sans la mobilisation des fidèles de la mosquée et d’une partie de la population de Pessac contre sa fermeture.

A l’aube du deuxième quinquennat de Macron, cette décision est une bonne nouvelle et doit servir de point d’appui pour dénoncer et combattre les offensives réactionnaires et sécuritaires du chef de l’Etat et de son gouvernement. Les dissolutions qu’on subit les associations défendant les droits de la communauté musulmane, comme le Collectif Contre l’Islamophobie (CCIF), Baraka City, mais aussi des collectifs comme le collectif Palestine Vaincra ou encore les groupes antifascistes de Lyon, si elles marquaient déjà le tournant autoritaire du gouvernement de Macron, nous signalent le teneur de son second mandat et les nouvelles attaques à venir.

Alors que la loi séparatisme a permis au gouvernement d’imposer la fermeture de différentes mosquées comme à Cannes, la mobilisation de soutien à celle de Pessac montre que seule la mobilisation peut permettre de s’opposer aux offensives du gouvernement. Les organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier et de gauche doivent s’inspirer de la mobilisation victorieuse contre la fermeture de la mosquée de Pessac afin de construire la riposte à aux attaques du gouvernement dans les cinq à venir !



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