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Camp d’Aubervilliers démantelé : un prétexte sanitaire pour réprimer les migrants

Ce mercredi 29 juillet, la police a évacué le camp de migrants d'Aubervilliers. Ce démantèlement arrive après des dizaines d'autres ces derniers mois, mais se fait cette fois-ci au prétexte de la lutte contre le coronavirus. Une hypocrisie qui cache mal, une réponse une fois de plus répressive.

jeudi 30 juillet

Ce mercredi 29 juillet à 6h30, la police de Seine-Saint-Denis s’est livrée au démantèlement du camp de migrants d’Aubervilliers près du canal de Saint-Denis. Prétextant un motif sanitaire et instrumentalisant le respect des consignes sanitaires et le danger du coronavirus, le gouvernement, ici en la personne du préfet de police de Paris Didier Lallement, a évacué de force environ 2 000 migrants. Le nombre de démantèlements de camps de migrants depuis 2015 s’élève à plus de 60 en région parisienne, dont trois rien qu’à Aubervilliers depuis le mois de janvier. L’intensification de la répression des migrants depuis la fin 2019 n’a pas connu de trêve pendant le confinement, et se poursuit de plus belle avec la propagande xénophobe et protectionniste employée par le gouvernement depuis l’apparition du virus.

Largement médiatisé, supervisé par Didier Lallement, le démantèlement du camp d’Aubervilliers est un message clair de la part du gouvernement. Il vise premièrement à rassurer et séduire un électorat de droite, la demande de démantèlement émanant ici de la maire UDI d’Aubervilliers fraîchement élue. La plupart des migrants mis en cause hier n’en sont pas à leur première évacuation. Et tous se retrouveront très vite dans une situation similaire, comme le laisse présager le témoignage de Steeve dans Le Parisien : «  Pourquoi aller dans un gymnase ? Je sais que je repartirai à la rue dans un mois. Cela fait trois ans que je demande l’asile sans l’obtenir.. »

Et pendant que l’évacuation se fait à grand renfort de policiers, le gouvernement poursuit sa rhétorique xénophobe sur un autre terrain, celui des travailleurs détachés qui seraient presque au cœur du problème du chômage à les entendre.... Face à la crise sanitaire et économique, le gouvernement choisit la voie de la division en pointant les migrants comme responsables de tous les maux.

 

La réponse du gouvernement aux dernières marches des solidarités : plus de répression

Le message envoyé avec ce démantèlement sonne aussi comme une réponse aux manifestations contre les violences policières et le racisme mais également aux deux très importantes marches des solidarités qui se sont déroulés après le confinement, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes. La réponse qu’on entrevoit est celle des effectifs policiers qui vont être grossis, et de conditions de vie toujours plus dures pour les sans-papiers. Le démantèlement du camp d’Aubervilliers, comme les dizaines d’autres qui l’ont précédé, sont pour le gouvernement le moyen d’affirmer la présence policière en banlieue, de justifier la taille de son appareil répressif et de faire passer ses intentions comme louables.




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