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Campagne raciste à Bagnolet contre le Front de Mères et la Maison de l’écologie populaire : solidarité !

A Bagnolet, une pseudo lettre « d’habitants » dénonçait ce lundi le Front des mères qui co-organise ce vendredi 19h un événement sur l’écologie populaire à la maison Verdragon, lieu géré par l'organisation aux côtés d'Alternatiba. Derrière le texte, une opération politique de militants réactionnaires, reprise complaisamment par certains médias.

vendredi 12 novembre

Crédits photo : Tristan Saramon

Depuis quelques jours, les médias réactionnaires bruissent d’une nouvelle polémique. A Bagnolet, des « habitants » s’inquiéteraient de « l’implantation d’une association indigéniste » selon Marianne, journal désormais spécialisé dans la panique morale anti-« wokes ». En cause, l’ouverture le 13 juin dernier d’une Maison de l’écologie populaire. Un lieu inédit en France, baptisé « Verdragon », porté par Alternatiba et le Front de Mères, et ouvert à de nombreux collectifs qui ont en commun de penser la nécessité d’allier lutte écologique, lutte sociale et lutte contre les oppressions, notamment raciste.

Dans le courrier publié lundi sur un site dédié et relayé par Le Parisien et Marianne, des « habitants » de Bagnolet interpellent en effet de façon virulente le maire PS de la ville, Tony Di Martino. « Nous sommes choqués par l’ouverture de "Verdragon / Maison de l’écologie populaire" qui sert en réalité de coquille pour héberger bien autre chose que la cause qu’elle prétend défendre » expliquent-ils notamment. En particulier, c’est le Front de Mères qui est ciblé. Cette organisation de parents de quartiers populaires, qui lutte notamment contre le racisme dans l’institution scolaire, est accusée de diffuser une « idéologie racialiste, indigéniste et par conséquent anti-républicaine » mais aussi de faire « le lit du séparatisme, de la haine et de l’extrême droite. »

Un discours qui reprend quasiment mot pour mot la rhétorique mobilisée ces derniers mois par le gouvernement, la droite, l’extrême-droite et une partie de la gauche pour se prendre à des organisations et militant·e·s se réclamant de l’anti-racisme. « Ce qui est dit sur le Front de Mères n’a aucun sens. Le Front de Mères est un syndicat de parents qui lutte pour le bien-être de tous les enfants à l’école, contre le validisme, qui organise des formations contre le harcèlement scolaire, etc… Des acteurs de terrain représentatifs de parents d’élèves » réagit Mornia Labssi, inspectrice du travail et membre du Front de Mères, contactée par Révolution Permanente.

Mais l’objectif est clair, faire pression sur la ville pour fermer le lieu. Un objectif au service duquel les signataires n’hésitent à instrumentaliser la mort de Samuel Paty pour mieux s’en prendre à la municipalité : « vous avalisez la démarche idéologique qui vise à attaquer notre socle républicain et ses valeurs fondatrices que sont l’universalisme et l’émancipation. » Mornia Labssi dénonce cette intimidation : « ce sont des élucubrations et de la manipulation. Ils veulent nous discréditer ».

Youcef Brakni, militant des quartiers populaires et habitant de Bagnolet n’est pas surpris par l’attaque. « C’est parti d’un petit groupuscule de Bagnolet proche de Valeurs Actuelles, Causeur et autres journaux d’extrême-droite, qui nous attaque à chaque fois qu’on fait des événements autour de l’égalité » explique-t-il. « De façon symbolique, les initiateurs du texte sont issus du même quartier pavillonnaire de la ville et ne tiennent surtout pas à se mélanger à l’ensemble de la population. On les a vus autour de la liste LREM aux dernières municipales défendre notamment l’idée qu’il y avait trop de logements sociaux… » précise-t-il. « Le plus hallucinant c’est de voir qu’ils ont fait signer des gens qu’on connaît bien, qui n’habitent pas Bagnolet mais gravitent dans la sphère du Printemps Républicain. »

De fait, l’opération s’inscrit dans la continuité des campagnes réactionnaires qui se succèdent depuis un an. Ces derniers mois, pas une semaine ne semble passer sans qu’une organisation ou un·e militant·e se revendiquant de l’antiracisme fasse l’objet d’attaques de la part d’un front de médias, journalistes et politiques en guerre contre une prétendue menace « wokiste », « indigéniste » ou « islamo-gauchiste ». Ces attaques visent à faire taire toute critique du racisme d’État, de l’histoire coloniale de la France ou de l’impérialisme français, par l’intimidation. Une ambiance de chasse aux sorcières entretenue par le gouvernement, qui fait le lit de la droitisation du champ politique, et le miel de candidats ultra-réactionnaires comme Eric Zemmour.

Face à cette nouvelle campagne, solidarité avec le Front de Mères et Verdragon, Maison de l’écologie populaire !

En réponse à l’offensive soyons nombreuses et nombreux ce vendredi à 19h à Bagnolet pour l’événement « Reprendre nos vies en main » organisé par Verdragon et Reporterre en présence du Comité Adama, des Amis de la Terre, de l’Après-M, de TactiKollectif, du Collectif Travailleurs secteur du déchet et de la CGT Grandpuits




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