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Politique

Offensive de l'extrême-droite

Campagne raciste contre Anasse Kazib : les soutiens de Zemmour à la manœuvre

Depuis la semaine dernière, Anasse Kazib est la cible d'une campagne de harcèlement d’extrême-droite sur les réseaux sociaux. Celle-ci est activement relayée par des comptes pro-Zemmour.

lundi 25 octobre

Depuis jeudi dernier, Anasse Kazib est la cible d’une campagne de harcèlement de la fachosphère, sous le prétexte de l’absence de drapeau français dans ses meetings. En réaction, l’extrême-droite a notamment propulsé #AnasseKazibRemigration en tendances Twitter dernier. Au total, ce sont près de 10.000 tweets racistes qui ont été diffusés, auxquels s’ajoutent des centaines de menaces de mort reçus en messages privés.

Or, à l’étude, il apparaît frappant que les comptes qui s’en sont pris au cheminot sont souvent des comptes de soutien à la candidature de Eric Zemmour pour la présidentielle. Dans leur écrasante majorité, il s’agit de comptes d’anonymes, voire de faux comptes conçus pour participer à ce type d’opérations. Une écrasante partie d’entre eux arborent des références à Zemmour, qu’ils affichent explicitement le #Zemmour2022 dans leur biographie, ou multiplient les références au « Z », à « Z0ZZ », ou les mêmes mettant en scène leur champion.

Exemples de tweets sur le hashtag raciste
Exemples de tweets sur le hashtag raciste

Au-delà de ces multitudes de petits comptes d’extrême-droite, des comptes plus importants. A l’image de celui de « Capu Patriote », 7.000 followers et soutien affichée à « Zemmour 2022 ». De même pour « Thoniafr », qui se vante le lendemain du succès du hashtag : « on est fort les gars » (sic).

De son côté, Emmanuelle Gave, la fille du financier Charles Gave qui a prêté 300.000€ pour la campagne de Zemmour, et ex-DLF qui soutient désormais Zemmour repartage le hashtag à ses plus de 30.000 followers.

A ce travail de diffusion active du hashtag s’ajoute l’agitation de memes et de tweets visant Anasse en plein milieu de la polémique. C’est le cas de plusieurs comptes de soutien comme l’Union Pour Zemmour qui, sans retweeter le hashtag, appelle à défendre le drapeau français face à Anasse Kazib. L’occasion pour ses abonnés de se lâcher dans les commentaires. Un autre compte de soutien publie de son côté un meme raciste sur le cheminot.

De son côté, Stanislas Rigault, président de Génération Zemmour et l’un des porte-paroles de la campagne sur les plateaux télé et sur les réseaux sociaux, tweet sur les fameux « drapeaux français », utilisés comme prétexte à la violente campagne raciste.

A ses côtés, l’ancien porte-parole de l’Action Française, Antoine Berth, qui mène actuellement la campagne de Zemmour, ne manque pas de réagir :

Ces quelques éléments sur la campagne visant Anasse Kazib, qui a culminé avec le hashtag #AnasseKazibRemigration et continue aujourd’hui, démontre le rôle actifs des soutiens de Zemmour dans le harcèlement raciste du cheminot. Une action typique de la fachosphère, qui vient corroborer des éléments pointés par Lucie Delaporte dans Mediapart concernant l’unification de cette dernière derrière Zemmour.

Ce déferlement de haine et de menaces, témoigne de la violence du projet politique de Zemmour. Un projet politique qui prospère dans un contexte d’expansion de l’islamophobie et des thématiques sécuritaires favorisée par le gouvernement Macron depuis plus d’un an, avec le soutien de la droite et de toute une partie de la gauche de gouvernement. Un discours également massivement relayé par les médias, alors que, si la candidature haineuse de Zemmour est surmédiatisée quotidiennement, le discours révolutionnaire, anti-raciste, féministe, écolo de Anasse Kazib fait l’objet d’un véritable black-out médiatique.




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