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Politique

Canicule de classe

Canicule. Le manque de moyens dans la santé touche gravement les patients et les travailleurs

Alors qu’une première grande vague de chaleur touche la France de manière particulièrement précoce, les inquiétudes des soignants pourraient se confirmer : l'été va être terrible avec notre système de santé à bout de souffle.

jeudi 16 juin

Crédit photo : capture d’écran émission TF1

Depuis le début de la semaine, la vague caniculaire qui frappe la France est largement discutée et la cause de ces chaleurs plus intenses et plus précoces est largement admise : nous subissons objectivement les conséquences du réchauffement climatique.. Actuellement, douze départements sont d’ores et déjà placés en vigilance alerte-rouge.

La situation climatique empire belle et bien, et dans le cas de la France, l’ombre des conséquences de tels pics de chaleur plane : on se souvient notamment en 2003 de l’hécatombe suite à un été caniculaire entrainant 19 000 décès.

Pourtant, on a pour l’instant surtout pu assister à un discours de « petits conseils », certes importants mais cosmétiques. Meilleur exemple en date, la première ministre qui a simplement déclaré «  Hydratez-vous, restez au frais, donnez et prenez des nouvelles de vos proches.  », une annonce de surface qui esquive une question cruciale : notre système de santé et les structures d’accueils des plus vulnérables sont loin d’être opérationnels.

Des hôpitaux aux EHPAD : l’épreuve de l’été sans moyens

Cette semaine marque donc l’entrée dans des séquences de forte chaleur qui vont venir mettre en tension les services de soins. Le média Journal Internationale de Médecine rappelle en ce sens une donnée de Santé Publique France : « en moyenne, une vague de chaleur multiplie par 2,5 les passages aux urgences », et replace cela dans le contexte du pays : «  où 120 SAU (Service d’Accueil des Urgences) sont au bord de la rupture  ».

En effet, on ne rappelle plus à quel point la crise sanitaire a mis en lumière les défaillances du système de santé français. La casse du service public a été subie par les usagers et les travailleurs de plein fouet durant les pics épidémiques. Depuis, le manque de moyen chronique n’a évidemment pas été réglé par les mesurettes du gouvernement : il manque toujours du personnel, du matériel et les conditions de travail restent intenables parmi celles et ceux qui restent.

Récemment, ce sont donc les menaces de fermeture de nombreux services d’urgences qui ont été pointées et poussent dans la détresse des hospitaliers à bout de souffle. Les sonnettes d’alarmes sont tirées en continue et rien n’est fait. Le gouvernement n’a rien trouvé de mieux pour passer l’été que de proposer l’embauche de retraités et quelques primes sur des heures supplémentaires..

Dans la situation, on pense aussi aux EHPAD qui regroupent une partie des personnes les plus vulnérables à ces coups de chaleurs et aux déshydratations. Si on commence à entendre une petite musique selon laquelle les leçons ont été tirées suite aux épisodes de 2003, encore une fois les récents évènements ne sont pas rassurants.

D’Orpea à Korian, les récits sur les conditions de traitement désastreuses de nos anciens ont choqué tout le monde en ce début d’année. On a surtout compris que les premiers témoignages et enquêtes n’étaient que la face visible d’une prise en charge lamentable de ces populations vulnérables par des groupes privés ne cherchant qu’à faire du profit.

Des moyens pour les services publics et pour une gestion collective des plus vulnérables

La situation vient réaffirmer l’urgence d’exiger des moyens pour rétablir un service public et des accompagnements de qualité, digne pour les usagers et les travailleurs. Que ce soient les hospitaliers ou les personnes qui d’une manière générale prennent en charge une partie de la population, les logiques du système de soin et de santé actuelles mènent à la déroute. C’est la course à la débrouille qui définit le quotidien du personnelles en première ligne. Contre le Covid hier, la canicule aujourd’hui et toujours avec le gouvernement et les intérêts des groupes privés qui supervisent l’affaire.

De plus, si les personnes les plus vulnérables on pense aux populations plus âgées, mais on n’oublie pas non plus une large partie du monde du travail et notamment des plus précaires qui sont eux aussi sur-exposé à ces conditions climatiques. Médiapart pointe par exemple le cas des ouvriers du bâtiments, « considérés comme les travailleurs les plus touchés par les dérèglements climatiques en Europe.  ». S’il existe parfois quelques aménagements, globalement, malgré des chaleurs intenables, on impose partout la poursuite du travail.

Dans la santé, les mobilisations se sont multipliées depuis la crise épidémique. Avec des services entiers partant en grève mais souvent de manière isolé et toujours avec la répression des directions à travers les réquisitions notamment. C’est bien un plan d’ensemble qu’il faut mettre en place, avec le soutien de l’ensemble des usagers. Afin que les hôpitaux reviennent entre les mains de ses travailleurs, et que les intérêts privés sortent de nos quotidiens, d’autant plus lorsque des vies sont en jeux.



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