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Témoignage

Canicule à La Poste : « Rien n’est fait pour traverser de manière saine ces périodes de forte chaleur »

Comme chaque année, La Poste essaye de jongler avec des mesurettes qui ne lui coûtent rien pour masquer son inaction sur la question de la protection des agents.

mardi 25 juin

Willy de Sud Poste 33 nous a fait parvenir ce témoignage

Il y a en effet des bureaux de poste non climatisés et vétustes dans lesquels il est très compliqué de travailler et de recevoir des usager.e.s. Mais les risques liés à la canicule concernent plus particulièrement les personnels travaillant dehors, c’est-à-dire à la distribution de courrier et colis, et à la collecte d’entreprises.

Les nouvelles organisations du travail, progressivement mises en place sur tout le territoire, visant à être présent l’après-midi pour vendre des « nouveaux services » payants aggravent encore les conditions de travail. Il s’agit désormais de distribuer du courrier jusqu’à 7 heures par jour, à pied, sur le vélo ou en voiture, matin comme après-midi. En période de canicule, les agents sont en réel danger et La Poste le reconnaît en partie, sans forcément agir partout.

De nombreux bureaux n’ont aucune modification d’horaires, ou alors à la marge (10 ou 20 minutes à Saint-André-de-Cubzac et Saint-Martin-Lacaussade). D’autres, comme Bègles ou Bordeaux Bastide ont vu leurs horaires subitement re-basculer en matinée le temps de la canicule. Mais sur le même établissement, à Bordeaux Meriadeck, les facteurs et factrices continuent de travailler en extérieur toute l’après midi, jusqu’à 17 ou 18h pour certains. La Poste n’hésite donc pas à mettre en danger les personnels pour assurer une distribution du courrier à leur sauce, alors qu’une réorganisation catastrophique vient d’être mise en place.

Il faut aussi signaler que quasiment aucune voiture utilisée par les postiers pour livrer le courrier n’est équipée de climatisation, pourtant les voitures de la direction sont généralement toutes équipées.

Sur Bègles, c’est carrément à la gueule du facteur. Deux militants syndicaux ont reçu l’ordre de partir en tournée, alors que tous les collègues étaient sommés, eux, de ne pas sortir à cause de la chaleur. La raison officielle ? Ils ont fait grève samedi 22 juin, et il fallait rattraper le retard de la grève. La direction voulait leur ordonner de sortir, et rien qu’eux, quitte à les mettre en danger. Les agents ont exercé leur droit de retrait et sont restés au bureau alors que tous les autres ont pu rentrer chez eux. Voilà comment on traite les militants syndicaux et les grévistes sur Bègles.

Plus généralement, pour se donner bonne conscience, La Poste distribue des bouteilles d’eau et des brumisateurs. Dans la très grande majorité des centres courrier, ces dispositifs sont limités (exemple : une bouteille d’eau pour toute la période, à remplir à la fontaine quand elle est vide). Une minorité d’agents disposent de sacs isothermes.

Les précaires ont le droit à un traitement de défaveur : obligation pour toutes et tous de porter un Gilet Jaune (ironiquement apparu juste avant le mouvement des Gilets Jaunes), que ce soit en intérieur ou en extérieur, peu importe la chaleur. SUD revendique la fin de ce dispositif injuste et d’un non sens total.

A La Poste comme dans beaucoup d’autres secteurs, rien n’est fait pour traverser de manière saine ces périodes de forte chaleur, le gouvernement et les patrons qui prétendent à qui veut l’entendre prendre en charge la canicule, sont bel et bien à mille lieues des réalités des travailleurs.

Crédit photo : L’Est Républicain




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