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Culture et Sport

Violences policières

« Capture the Police ». Darmanin censure l’œuvre d’art de Pablo Cirio

Publié sur internet ce 2 octobre, "Capture the police" est une œuvre qui présentait le visage de 4.000 policiers et invitait le spectateur à les identifier. Une œuvre engagée contre les violences policières, censurée 24h après par le ministère de l'Intérieur.

lundi 5 octobre

Crédits photo : Paolo Cirio

Sur la page d’accueil s’affichait des visages de policiers casqués par dizaines. Issus d’images des mobilisations en France, que ce soit des photographies de presse ou de manifestants, ces portraits n’attendent que leur identification que l’artiste nous invite à inscrire en dessous de chaque visage. Leur noms seront rendus public après une vérification, notamment par un logiciel de reconnaissance faciale.

La vidéo et la photo semblent souvent aujourd’hui être le dernier rempart de défense face aux violences policières tant dans les manifestations que dans les quartiers populaires pour attester, l’implication policière dans les violences pouvant aller jusqu’au meurtre. L’impunité de la police, la connivence avec la justice sont plus criantes que jamais, à l’ère de Georges Floyd et d’Adama Traoré dont, 4 ans après, le jugement reste un fiasco. L’implication du gouvernement et de ses lois répressives et liberticide notamment celle de l’interdiction de filmer les policiers ou d’interdire les journalistes en manifestation pour limiter les sorties dérangeantes pour l’institution policière est aujourd’hui un vrai scandale. 

C’est tout cela qui ressort lorsque l’on regarde l’œuvre de Paolo Cirio. L’artiste, engagé dans les nous invite à nous engager plus avant en participant au recensement des individus composant cet appareil répressif qu’est la police.

Sur le site qui hébergeait l’œuvre censurée en quelques heures, nous pouvions lire (traduction depuis l’anglais) :

« Le paradigme des puissants observant, et des faibles se faisant observés, est inversé. La volonté de la police à utiliser la reconnaissance faciale sur les manifestants, les minorités et les citoyens se retourne contre contre les autorités qui en réclament l’usage. » 

Darmanin, demandant “la déprogrammation de l’exposition et le retrait des photos” via twitter. Une réaction qui révèle le rôle subversif que peuvent jouer les artistes quand ils prennent position de manière radicale à travers leur travail. En effet, le projet Capture Police, à l’image de David Dufresne et de son film Un pays qui se tient sage, ou encore de plusieurs travaux de l’exposition kourtrajmé qui pointent et dénoncent la réalité des violences policières, permet de rendre compte de la force avec laquelle la culture peut poser les questions sociale.




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