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Carles Puigdemont pourra se présenter aux élections européennes

Sur ordre de la Cour Suprême, un tribunal administratif de Madrid a annulé la décision prise par la commission électorale espagnole d’interdire l’ex-président de la Communauté autonome Catalane, Carles Puigdemont, de se présenter aux élections européennes.

mardi 7 mai

Carles Puigdemont pourra se présenter aux élections européennes

Dans la continuité de l’offensive anti-indépendantiste, ce 29 avril, les autorités électorales espagnoles interdisaient l’ex-président Carles Puigdemont, et les ex-conseillers Antoni Comín et Clara Ponsatí de se présenter aux élections européennes.
Saisi par le Parti Populaire (PP) et Ciudadanos (C’s) – les deux des partis de droite incarnant l’aile dure de l’escalade répressive contre la Catalogne –, la Commission électorale argumentait que résidant en dehors de l’Espagne et ne faisant pas partie du recensement de résidents à l’étranger, les dirigeants indépendantistes étaient formellement inéligibles. Or, pour rappel, tous les trois ont dû s’exiler pour échapper à la répression du gouvernement espagnol.

Cette décision de la Commission électorale a cependant été annulée, une semaine plus tard. La Cour Suprême, saisie par les avocats des dirigeants indépendantistes, a en effet estimé ce dimanche que la décision des autorités électorales violait le droit au « suffrage passif » et que les politiciens catalans avaient le droit de se présenter aux élections européennes car aucun parmi eux n’a été condamné à une peine d’inéligibilité. Le tribunal administratif qui a pris en charge le cas a affirmé dans sa décision « le droit des acteurs à faire partie, comme candidats, du parti Lliures per Europa pour les élections au Parlement européenn de 2019 ».

Malgré le fait que le tribunal ait montré que la décision des autorités électorales était abusive, Pablo Cadaso, le leader du Parti Populaire (PP), a décidé de relancer la querelle en annonçant que sa formation allait déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle. De son côté Carles Puigdemont a annoncé qu’il prendrait des mesures juridiques contre la Commission électorale car selon lui : « quand l’utilisation abusive de la loi a été prouvée, il faut se défendre ».

A la recherche d’un moyen de contourner la répression de l’Etat espagnol

Depuis leur départ en exil, Puigdemont et la direction politique catalane ont refusé de défendre l’independance voté lors du referendum du premier octobre et tourné le dos aux exigences du mouvement dans la rue qui allaient dans ce sens en se mettant à chercher des voies légales et des médiations internationales pour faire pression sur le gouvernement de Madrid afin de forcer des négociations.

C’est dans cette même logique de détourner par les institutions internationales les exigences du mouvement dans la rue et la répression judiciaire de l’Etat espagnol, que Carles Puigdemont décide de se présenter aux élections européennes. Tel qu’il le déclarait cet avril à Bruxelles, « si nous sommes élus députés européens, nous serons députés européens. Non seulement parce que le règlement le dit, mais parce que tous les précédents disent que l’immunité est activée dès le moment où vous êtes élu ».

Selon l’ex-président cette validation en tant qu’eurodéputé lui octroierait la possibilité de choisir entre son mandat européen ou bien celui du Parlement de la Catalogne, ce qui lui permettrait de reprendre la présidence de la Région.
Cependant, une fois retirée l’interdiction de se présenter aux élections européennes, un nouvel obstacle se présente sur cette voie. Selon les sources du Parlement européen, son éventuelle élection devrait en effet être validée par la Commission électorale espagnole. Cela veut dire que le président devrait prêter serment en personne devant cette commission alors qu’il est sous mandat d’arrêt sur tout le territoire espagnol.

L’impasse dans laquelle se trouve les dirigeants catalans en exil est à la hauteur de l’impossibilité pour la Catalogne de trouver la voie vers son indépendance dans le cadre de la Constitution de 78 et par une voie légale, à l’heure où de nombreux dirigeants indépendantistes sont derrière les barreaux. En réalité seul un mouvement massif, par les moyens de la lutte de classe, pourrait permettre d’obtenir l’indépendance catalane. Or sur ce terrain-là, les leaders catalans de Junts per Catalunya comme de Esquerra Republicana ont déjà démontré qu’ils n’étaient pas prêts à prendre ce risque.




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