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Notre classe

Convergence des luttes

Carrefour Pleyel : des professeurs et étudiants ont bloqué le centre-bus pour soutenir les grévistes

Au matin du 5 décembre, des professeurs et étudiants du 93 sont venus en soutien des stagiaires et travailleurs du dépôt bus RATP Pleyel (Saint-Ouen), déterminés à faire une grève active contre la réforme des retraites. Trois professeures témoignent devant la caméra de leur soutien, et encouragent les autres secteurs en lutte à mettre tous leurs moyens en œuvre pour continuer la grève reconductible. Sur leur banderole on pouvait lire en lettres capitales : « on commence ensemble, on fini ensemble »

samedi 7 décembre 2019

Au dépôt Pleyel RATP, le 5 décembre au matin, était organisé un blocage des bus conduits par les stagiaires et travailleurs de moins d’un an qui peuvent se faire licencier, qui ont notamment reçu l’appui des profs. On pouvait voir des slogans qui annoncent la convergence sous laquelle va se dérouler la journée : « On commence ensemble, on finit ensemble », ou encore « On peut tous être une Christine Renon », en référence au suicide d’une directrice d’école fin septembre.

Alors que le blocage des transports a servi d’appui à de nombreux travailleurs pour faire grève, dans un contexte où ceux-ci peuvent non seulement se faire pénaliser sur leur salaire mais aussi par leur hiérarchie, les secteurs mobilisés ont acté la convergence en allant bloquer le dépôt bus Pleyel, aux côtés des travailleurs précaires de la RATP.
« Les moyens, c’est la grève. Le 5 décembre, c’est bon, c’est plié, beaucoup de personnes seront en grève. Pour gagner réellement, il y aura le 5, 6, 7, le 8… Il faut vraiment travailler pour que les collègues se mettent en grève reconductible. Il n’y a que ça qui fera plier le gouvernement. Alors je sais que financièrement c’est compliqué, mais en réalité il y a des solutions. »

Ainsi, si les travailleurs risquant gros en bloquant eux même leur centre, ce sont les professeurs et étudiants, présents dès six heure du matin, qui ont réussi à ralentir les départs de bus, dont les conducteurs se faisaient gentiment huer. En leur faisant barrage mais aussi en discutant avec eux, ils ont ainsi été d’un appui remarquable au point qu’en quatre heures, seulement une quinzaine de bus avaient réussis à sortir du centre.

Pour visibiliser leur lutte et se soutenir entre secteurs, les professeurs ont mis en place une caisse de grève, accessible sur le site qui sert de relai d’information, et insistent sur les moyens à disposition pour continuer la grève reconductible. Comme l’une d’entre elles le souligne : « nous préférons manger des patates aujourd’hui que des cailloux demain ».

Et pour cause, ces travailleuses déterminées rappellent à quel point les politiques austéritaires de ces dernières années ont précarisé l’ensemble des personnel de la fonction publique et du privé : sacrifices sur la famille, sacrifices sur la santé, sacrifices sur les salaires.
«  La réforme des retraites à été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase… pour ma pension de retraite, je vais perdre très exactement 1036€. Et c’est pas fini, parce que je suis mère de famille. J’ai deux enfants et donc toutes les bonifications liées aux mères de famille je vais les perdre. Alors moi, je me suis arrêtée à deux enfants pour la perte parce que m’a tellement séché le moral que je ne suis pas allée jusqu’à trois enfants. Pour deux enfants on perd jusqu’à 1 800€ par an, donc en plus des 1036 €. Donc évidemment je ne vais pas rester chez moi, je vais faire grève.  » nous confie une professeure présente sur place.

Les piquets de grèves sont organisés quotidiennement, rendez-vous sur place pour continuer la grève jusqu’à la retraites des réformes !




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