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Carrefour condamné à payer 18 millions d’euros à la CGT pour son projet de réorganisation du travail

Le géant Carrefour a été condamné à payer 18 millions d'euros à la CGT, suite à son projet "top" de réorganisation de la mise en rayon. Celle-ci se fait sur le dos des conditions de travail et de la santé des salariés.

vendredi 15 juillet

Crédits photos : AFP/Archives - Pascal GUYOT

Une condamnation après près de 4000 infractions

Mardi 12 juillet, Carrefour a été condamné à payer 18 millions d’euros à la CGT. Cette décision de justice fait suite à la mise en place du projet Top par la direction de Carrefour France. Ce projet de réorganisation a été vivement contesté par la CGT qui a assigné le groupe Carrefour en justice en octobre 2020. Dès novembre 2020, le tribunal d’Evry constate « l’existence d’un trouble manifestement illicite » et ordonnait la suspension du projet Top. Pourtant, Carrefour France a préféré ignorer cette décision de justice et aller à leur encontre continuant l’application du projet Top.

Cette injonction judiciaire à Carrefour s’accompagnait d’une astreinte (une pénalité financière de 30 000 euros par infraction et par magasin). Après le constat de 3952 infractions, ils sont aujourd’hui condamnés à payer 18 millions d’euros à la CGT. Après avoir ignoré le premier jugement, Carrefour annonce aujourd’hui faire appel de la décision.

Le projet Top, une réorganisation des tâches pour plus de rentabilité

Le projet Top, porté par Rami Baitieh à la tête de Carrefour France, est une réorganisation majeure du travail dans la mise en rayon. Pour Carrefour, l’objectif serait de se débarrasser des « irritants » (les ruptures de stocks, les erreurs de prix etc…). Les salariés sont spécialisés soit dans la mise en rayon, soit dans le contrôle des prix ou des ruptures, soit dans la gestion des stocks. Au lieu de travailler dans la gestion d’un seul rayon aujourd’hui, ils devront assurer la mise en rayon de l’ensemble d’un magasin. Avec le projet Top, Carrefour montre sa volonté de rendre chaque tâche plus productive avec une spécialisation à l’extrême pour plus de rentabilité, quitte à rendre le travail encore plus pénible pour les salairiés.

Pour les salariés, des conditions toujours plus dégradées

C’est une nouvelle sectorisation des tâches qui va entraîner une concentration des tâches les plus dures pour « l’équipe de front » qui s’occupe de la mise en rayon. La CGT dénonce un retour du travail à la chaîne et une régression pour la santé des travailleurs. En effet, ces derniers vont voir leur quotidien devenir plus difficile, avec une intensification et une répétition d’un travail physique, ce qui risque d’impacter leur santé à long terme. 

Ce projet de réorganisation s’inscrit dans une casse globale des conditions de travail dans les magasins Carrefour, mais aussi dans l’ensemble de la grande distribution. Le projet Top se déroule en parallèle d’un passage de plusieurs hypermarchés en location gérance, un système qui précarise massivement les salariés avec des contrats dégradés.

Si cette décision de justice est une première victoire pour les salariés et la CGT Carrefour, elle risque de ne pas arrêter Carrefour, pour qui cette amende ne représente finalement qu’une perte minime. Il faudra aussi se mobiliser par la grève pour pouvoir opposer un vrai rapport de force face aux différents projets de casse sociale que tente de mener le groupe Carrefour.



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