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Carrefour : grève nationale des entrepôts pour les salaires face au mépris de la direction

Les salariés des entrepôts logistiques de Carrefour sont en grève suite à la proposition méprisante de la direction d'augmenter les salaires de seulement 2 %. Un mouvement fort a démarré jeudi 15 septembre et se poursuit en ce début de semaine.

lundi 19 septembre

Crédits photo : CGT Hippopotamus

Dans un contexte ou l’inflation augmente de 6,1 % contre seulement 3,5 % pour les salaires en moyenne sur l’année 2022, des millions de travailleurs connaissent actuellement une perte de salaire réel. Dans le même temps, les profits du patronat se portent très bien à l’image de Carrefour qui a réalisé des bénéfices record en 2021 avec 1,07 milliard d’euros. C’est dans cette situation que la colère des salariés de Carrefour a explosé après que la direction du groupe ait proposé seulement 2 % d’augmentation des salaires dans le cadre d’une réunion de NAO (négociations annuelles obligatoires) le jeudi 15 septembre.

Dès le soir même, de nombreuses équipes des bases logistiques Carrefour ont débrayé pour exiger une meilleure augmentation des salaires. Une grève nationale très suivie à l’image de l’entrepôt de Carpiquet dans le Calvados où près de 450 salariés se sont mis en grève, représentant « 97 à 98 % » des effectifs selon l’intersyndicale CFDT – FO – CFTC – CGT, à l’origine de l’appel. De nombreux entrepôts à travers la France ont suivi le mouvement comme celui du Rheu (Ille-et-Vilaine) qui alimente tous les types de magasins Carrefour de la Bretagne jusqu’à Nantes. Dans un article pour Ouest France, Manuel Primault, déléguée syndical et Jérémy Chantrel, élu, affirment se battre pour demander « au minimum 5 % » d’augmentation de salaire, dénonçant des primes insuffisantes et des salaires « miséreux ».

La grève a touché une grande majorité des entrepôts logistiques du groupe, notamment à Moncel-lès-Lunéville (Meurthe-et-Moselle), à Cholet (Maine-et-Loire), à Bourges (Centre-Val de Loire) ou encore à Sennecé-lès-Mâcon (Saône-et-Loire). Du jeudi soir au vendredi, les salariés des différents sites étaient en grève et ont même reconduit le mouvement pour le début de semaine. C’est le cas du dépôt logistique de Colomiers proche de Toulouse en grève ce lundi 19 septembre ou Karim Chibou, délégué syndical CGT affirme à France 3 Régions que « 18 dépôts sur 22 [sont] également en grève dans le pays ».

Le mouvement pourrait se prolonger et de s’étendre aux magasins du groupe Carrefour dans les prochains jours. Dans ce sens, Force Ouvrière appelle à une mobilisation nationale des entrepôts le 23 septembre et des magasins le 24 septembre dans un communiqué publié le 16 septembre. De son côté, la CGT Carrefour appelle l’ensemble des salariés des entrepôts logistiques et de tout type de magasins à rentrer en grève illimitée jusqu’au 29 septembre, date de mobilisation nationale interprofessionnelle pour les salaires appelée par l’intersyndicale CGT- Solidaires – FSU.

Des appels différents émanant de deux syndicats importants du groupe Carrefour qui marquent une division regrettable dans un moment où l’enjeu de l’unité des salariés du groupe Carrefour est plus que primordiale. Une division qui s’inscrit dans la continuité du refus de Force Ouvrière de participer à la mobilisation du 29 septembre et qui fait passer les intérêts d’appareils syndicaux avant ceux des travailleurs en lutte pour leurs salaires. Pour que la mobilisation se renforce et impose une augmentation des salaires à hauteur de l’inflation, les directions des syndicats du groupe doivent poser un plan de bataille commun pour tous les salariés Carrefour. Un plan de mobilisation qui doit être construit à la base, à partir des différentes assemblées de grévistes qui ont commencé à émerger sur les sites logistiques en grève depuis jeudi.



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