^

Politique

Tester, tracer, isoler ... réprimer ?

Cas de covid-19, cas contacts : l’exécutif songe à des amendes pour non-respect de l’isolement

Le gouvernement songerait à renforcer les pénalités à l'encontre des personnes atteintes du coronavirus. Une décision qui, sous couvert d’un prétendu intérêt pour la santé de la majorité, témoigne d’un dédouanement face à sa mauvaise gestion de la crise sanitaire et plus généralement d'un saut dans culpabilisation individuelle.

mardi 10 novembre

Aux dires d’Europe 1 ce lundi matin, le gouvernement considère la possibilité d’imposer des amendes aux individus contaminés en cas de non respect des 7 jours d’isolement, comme cela est déjà le cas dans des pays comme la Suisse et le Royaume-Uni. "On doit tout regarder si on veut s’en sortir", justifie un ministre selon Europe 1. "Il va falloir mener cette réflexion" a renchérit un conseiller. Un sujet devrait qui être abordé en réunion interministérielle cette semaine, pointe Europe 1.

Une mesure des plus autoritaires qui pose problème car elle ne semble applicable que par un pistage portant largement atteinte à nos libertés individuelles. Après les amendes pour non-respect du confinement, le gouvernement fait un nouveau saut répressif pour rejeter la responsabilité sur la population.

Outre cela, il est particulièrement inquiétant de voir envisager des mesures qui entendent aussi explicitement que la responsabilité de la propagation de la pandémie est de l’ordre de la responsabilité individuelle. Et que, en conséquence, il serait indispensable de mettre en place un dispositif de plus en plus répressif. C’est également sous-entendre que ce sont les personnes les plus exposées au virus, c’est-à-dire les personnes précaires, qui seraient en faute et non pas les autorités qui n’ont pas su se montrer à la hauteur.

Les principaux clusters étant les écoles et les entreprises, les cas diagnostiqués ne pourront pas diminuer de façon significative tant que la gestion de la pandémie allouera une telle transmission du virus sans mettre des protocoles sanitaires à la hauteur.

Alors qu’Olivier Véran affirme tout regarder pour qu’on puisse s’en sortir, si c’est le cas, il est certain qu’il ne regarde pas les conditions de travail dans les hôpitaux publics qui sont débordés et qui demandent à grands cris plus de moyens. Il préfère régler l’affaire à sa manière, par plus de répression.




Mots-clés

Répression   /    Politique