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Casse de l’hôpital public : à Bordeaux, la moitié des soignants en arrêt maladie

Après le mouvement en début de semaine à Lariboisière à Paris, les personnels hospitaliers de Bordeaux ont été contraints, pour se faire entendre, de se mettre en arrêt maladie.

jeudi 13 juin

Le manque de personnel est criant, les actes sont de plus en plus chronométrés et les patients en subissent le contre-coup : c’est au quotidien que les personnels hospitaliers ne reconnaissent plus leur travail de soin mais font face à des conditions de travail qui sont uniquement mesurées sur leur rentabilité. Les directeurs d’hôpitaux sont issus des grandes écoles de la santé et n’ont aucune connaissance de la réalité du travail qui se fait à l’hôpital : formés à l’école du management contemporain, et soumis statutairement à la ligne du gouvernement, ils ont pour mission de réduire les coûts, quitte à imposer à leurs personnels des conditions de travail aberrantes – les menant à la maltraitance – et à terme, de faire la démonstration en acte de l’impossibilité de conserver un service public de santé.

Les personnels se situent dans le nœud gordien entre un service public existant et les perspectives de privatisation de l’hôpital public : ce n’est donc qu’en les écrasant assez – soit par une surcharge de travail, soit, par les maladies professionnelles voire les suicides – que les directeurs et le gouvernement seront en position forte pour abandonner l’hôpital public. Dans la guerre sociale que mène le gouvernement aux services publics, les personnels sont en première ligne. Leur souffrance réelle n’apitoie personne, même pas la ministre de la santé qui traite le problème de haut et de très loin.

La plupart sont venus travailler à l’hôpital pour la dimension sociale du soin qu’ils peuvent y pratiquer. Et c’est cette dimension sociale, à laquelle ils sont souvent attachés, qui dérange le gouvernement. Les mouvements de grève se multiplient ainsi dans plusieurs hôpitaux, mais avec l’obligation de service, ils sont rendus imperceptibles ou presque. Alors, à Lariboisière ou à Bordeaux, les personnels se mettent en arrêt maladie : ultime recours pour se rendre audibles.

Le mépris et l’indifférence de la ministre s’expliquent facilement : avec son niveau de revenus, si elle tombe malade, elle saura facilement trouver une clinique pour se faire soigner. Et elle sait très bien que ce que cherche à faire son gouvernement, c’est rendre définitivement non viable le service public de santé : que les personnels crèvent au travail fait sans doute partie du plan.




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