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Politique

Le rail privatisé

Casse du service public. La région PACA acte la première privatisation de ligne SNCF

Le Conseil régional de PACA vient de voter la gestion de la ligne Nice-Marseille au transporteur privé Transdev. Une décision qui aura des répercussions sur les conditions de travail des travailleur-ses de la ligne, sur la qualité du service pour les usagers, mais aussi un impact pour l’environnement.

jeudi 28 octobre

Crédit photo : AFP - Nicolas TUCAT

Ce jeudi matin, le Conseil régional de la région PACA s’est réuni pour entériner la décision d’attribuer la gestion de la ligne SNCF Nice-Marseille à l’entreprise Transdev.

Ce choix n’est pas une surprise, il s’inscrit dans un processus débuté par la réforme ferroviaire en 2018 qui permet notamment l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des lignes TER de France dans les 10 ans à venir.

Après une grève entamée depuis le 14 octobre par les travailleur-ses de la ligne et suivie par d’autres salarié-es du secteur des transports pour maintenir le rapport de force, le vote porté par la majorité Les Républicains du président Renaud Muselier est le premier d’un conseil régional à valider la privatisation d’une ligne SNCF.

Cette nouvelle attaque pour la privatisation du service public aura un impact direct pour 166 cheminot-es qui seront transférés à Transdev pour l’exploitation de la ligne. Si depuis le passage de la SNCF en Société Anonyme, les nouveaux entrants à la SNCF ne bénéficient plus des mêmes avantages sociaux que celles et ceux qui étaient titulaires du statut de cheminot, aujourd’hui c’est l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de la ligne qui perdront leur statut et verront leurs conditions de travail soumises au dictat de la rentabilité.

Dans le même temps et depuis le 2 septembre, les chauffeurs de bus de Transdev en Île-de-France sont en grève pour lutter contre la baisse des salaires, l’accélération des cadences, la suppression des temps de pause.

Ces détériorations des conditions de travail de Transdev en Île-de-France, seront celles des salarié-es de Transdev PACA demain. Nous devons donc maintenir le soutien à la lutte portée par les grévistes de Transdev et exiger une harmonisation des conditions de travail pour les travailleur-ses du transport avec le statut historique des cheminots de la SNCF.

Pour les usagers aussi cette décision aura des conséquences, notamment par dégradation très probable des services sur la ligne. On peut penser notamment que l’entreprise va diminuer les investissements pour le confort des passagers et au contraire va chercher une rentabilité toujours plus importante. Cela peut passer par exemple par l’augmentation du nombre de sièges par rames ou par la réduction du personnel à bord et au contraire une croissance des guichets automatiques.

Cette privatisation aura également un impact sur l’environnement. Alors qu’en août dernier les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) interpellaient les décideurs afin d’éviter la catastrophe climatique en appelant notamment au passage du transport routier vers le rail, la privatisation des lignes SNCF peut entraîner la suppression des lignes et des horaires les moins rentables comme le préconisait le rapport Spinetta commandé en 2018 par le premier Ministre de l’époque Edouard Philippe. Les usagers n’auront pas d’ autre choix que d’utiliser leurs voitures individuelles pour se déplacer, ce qui entraînera pour eux une augmentation du coût du transport, d’autant plus importante avec l’augmentation du prix du carburant. Cette augmentation du nombre de personnes sur les routes participera de fait à l’accroissement de la pollution.

Lutter pour maintenir le service public des transports c’est donc maintenir des conditions de travail dignes pour les travailleur-ses, favoriser un service de meilleure qualité pour les usagers et un moyen pour répondre à la catastrophe climatique !




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