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Non à l'uberisation !

Casse sociale : Just Eat vire ses salariés pour embaucher des auto-entrepreneurs

L’entreprise Just Eat Takeaway, qui se voulait sociale en recrutant des livreurs en CDI, s’apprête à les virer massivement pour embaucher des … auto-entrepreneurs. Retour sur la conférence de la CGT Livreurs de ce mardi.

mardi 20 septembre

Photo : Conférence de presse de la CGT Livreurs @LivreursCGT

Pendant la pandémie de Covid, l’entreprise de livraison Just Eat Takeaway avait annoncé vouloir embaucher 4 500 livreurs en CDI en France. Fin juillet, elle annonçait le licenciement de 350 livreurs salariés. Et, comme la plupart de ses concurrents, elle s’apprête à faire travailler des auto-entrepreneurs à la place. C’est dans ce contexte que la CGT Livreurs a tenu une conférence de presse ce mardi à 12h30.

En effet, l’entreprise a annoncé vouloir conserver des livreurs en CDI seulement dans la ville de Paris. Ses salariés de Marseille, Lyon, Toulouse, Lille, Strasbourg et Roubaix, eux, seront licenciés. Or, d’après Le Monde, il ne reste d’ores et déjà plus que 220 livreurs en CDI à Paris, contre 800 en 2021.

Le projet derrière cette manœuvre ? « Économiser sur les salaires », explique Ludovic Rioux, travailleur chez Just Eat. En effet, en remplaçant des centaines de salariés par des auto-entrepreneurs, le patronat fait des économies importantes en terme de charges sociales. Une manœuvre qui précarise toujours plus les travailleurs, qui ne bénéficient plus du statut de salarié et de ses avantages : « Les auto entrepreneurs n’ont pas de chômage, de congés payés. », explique David du Syndicat des livreurs deux roues à Paris.

« Ils veulent tendre vers l’uberisation. Car les auto-entrepreneurs coûtent moins cher. La volonté de ces boites, c’est de payer le moins cher possible, et de payer à la tâche. Ce qui pousse à réduire le temps de livraison pour être payé, et donc au mépris de notre sécurité » abonde, en ce sens, Khaoussou Sissoko, élu CGT à Gorillas. Cela d’autant plus que les notions de risque et de sécurité et donc les conditions de travail sont elles aussi particulièrement détériorées par ce changement de statut.

Lundi 12 septembre dernier, près d’un millier de livreurs manifestaient à Paris contre les fermetures arbitraires de comptes par Uber Eats, leurs conditions de travail difficiles et la récente baisse de leurs rémunérations. À l’issue de cette conférence de presse, la CGT Livreurs appelait à son tour les livreurs à vélo à la grève. Contre la dégradation de leurs conditions de travail, l’uberisation croissante qui désarme les travailleurs, il est primordial que ces derniers s’unissent pour exiger a minima le statut de salarié pour toutes et tous, des conditions de travail soutenables, mais aussi la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers.



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