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Notre classe

1,15 millions de chômeurs concernés

Casse sociale : la réforme de l’assurance-chômage entrera totalement en application au 1er décembre

Ça y est, c’est confirmé. Le réforme de l’assurance chômage entrera intégralement en application à partir du 1er décembre a annoncé la ministre du Travail ce jeudi 28 octobre. Passant de 4 à 6 mois le temps de travail nécessaire pour toucher l’allocation, augmentant le seuil de dégressivité, elle vient précariser drastiquement l’ensemble de notre camp social et en particulier les travailleurs en contrats courts…

jeudi 28 octobre

Crédit Photo : AFP

Ce jeudi matin sur France Inter, la ministre du Travail a annoncé l’entrée en vigueur au 1e décembre des dernières mesures contenues dans le projet de loi de l’assurance-chômage. Partiellement en place depuis le 1er octobre, cette réforme est l’une des réformes phares du gouvernement Macron, qui représente une attaque d’ampleur pour les travailleurs. Ils seraient 1,15 millions à être touchés par la réforme qui réduirait drastiquement le montant de leurs allocations, de 17 % en moyenne.

Aujourd’hui, les mesures restantes pour que la réforme entre totalement en vigueur ont été confirmées et entreront en application le 1er décembre. Elles concernent la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir et recharger un droit, ainsi que la dégressivité des allocations. Elisabeth Borne les a détaillées ce jeudi : « À partir du 1er décembre, il faudra avoir travaillé 6 mois et non plus 4 mois pour bénéficier d’une allocation chômage ». Le deuxième volet porte sur les salaires au-delà de 4 500 euros par mois : « la dégressivité s’appliquera au-delà du 6ème mois et non pas du 8ème mois comme aujourd’hui ».

En effet, dès lors que le gouvernement revendique une baisse de 5,5% du taux de chômage au troisième trimestre, il est désormais prêt à rendre effective l’intégralité de l’attaque que constitue cette réforme : « On a eu un nombre record d’embauches au troisième trimestre, plus de 2,5 millions d’embauches en CDD de plus d’un mois ou en CDI. C’est un record depuis 20 ans ! On a une reprise économique qui est très dynamique, et on voit une baisse du nombre de demandeurs d’emplois sans activité, 200.000 sur ce trimestre. »

L’allongement de la période plancher à partir de laquelle les salariés peuvent être éligibles à l’allocation va toucher en premier lieu les travailleurs précaires, embauchés sous des contrats courts, qui verront leur pension baisser de 17% en moyenne, lorsque leur période d’emploi n’est pas déjà trop courte pour recevoir une indemnité lorsqu’ils touchent à leur fin. Une réforme qui va dans le sens de « lutte contre l’assistanat », comme si le chômage était une situation désirée pour les travailleurs qui « ne voudraient plus travailler ». Or on sait qu’il y a aujourd’hui un poste vacant pour 13 chômeurs de catégorie A (sans aucune activité), contre un poste vacant pour 22 chômeurs de catégorie B et C.

L’objectif affiché du gouvernement est pourtant de « d’encourager le travail à un moment où la reprise économique est très dynamique » selon Elisabeth Borne, qui déplore que les entreprises aient du mal à embaucher. Une déclaration pour le moins scandaleuse lorsque les classes populaires sont face à une augmentation sans précédent des prix des biens de première nécessité et que la baisse du chômage repose notamment sur la casse des conditions de travail ainsi que la précarisation des contrats de travail.

La contre-réforme de l’assurance chômage est une attaque d’ampleur contre notre camp social, qui vient augmenter la précarité de millions de personnes et faire tomber dans la pauvreté des milliers d’entre elles. Une pauvreté qui avait déjà augmenté pendant la crise sanitaire – plus d’un million de personnes étaient passées sous le seuil de pauvreté – pendant que les classes dominantes continuent de s’enrichir. Car alors que les pauvres profiteraient du chômage, la fraude fiscale de la bourgeoisie atteint des sommet faramineux avec les CumEx Files ou les Pandora Papers tandis que les profits du grand patronat se portent à merveille, en particulier dans le secteur de l’hydrocarbure et de l’énergie. Total a en effet enregistré une hausse record de ses bénéfices pendant que les classes populaires peinent à remplir leur réservoir de carburant, et EDF a engrangé 7 milliards de profits.

Face à cette attaque d’ampleur, les directions syndicales ont dénoncé une « réforme malvenue » sans pour autant s’orienter vers la construction d’un plan de bataille conséquent pour faire reculer le gouvernement. Ce n’est pas une nouvelle réforme austéritaire et précarisante qui permettra de lutter contre le chômage, mais bien la répartition du temps de travail entre toutes et tous avec maintien du salaire ainsi que la généralisation des CDI. Une fois de plus : ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !