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Coup de com du gouvernement

Castaner remplace les grenades explosives GLI F4 par une arme de guerre similaire

L’annonce par le ministre de l’intérieur Cristophe Castaner ce dimanche du retrait des grenades GLI F4 est une vaste fumisterie ! Non seulement ces grenades n’étaient plus produites depuis 2014 et les stocks étaient quasiment épuisés, mais au lieu d’un retrait il s’agit en fait d’un remplacement par une grenade tout aussi dangereuse : la grenade GM2L !

lundi 27 janvier

NURPHOTO VIA GETTY IMAGES

Changement de doctrine de maintien de l’ordre ou opération de communication ?

Lors de l’annonce du retrait de la grenade dite GLI F4 ce dimanche, Cristophe Castaner a laissé entendre que cette décision a été prise dans le cadre d’un processus visant à revoir la stratégie de maintien de l’ordre devant aboutir sur un nouveau « schéma national du maintien de l’ordre ». Cette décision anticipant soi-disant le changement annoncé de doctrine des forces de l’ordre ne date pourtant pas d’hier. En effet le remplacement progressif des grenades GLI F4, qui ne sont plus produites par leur fabricant depuis 2014, est déjà acté depuis 2018 et devait se poursuivre jusqu’à épuisement des stocks.

Ainsi les raisons qui poussent le gouvernement à jouer la carte de l’apaisement sont bien éloignées de la prise de conscience qu’il feint d’avoir eu.

Si l’arrêt de la production de ces grenades par le fabricant Alsetex est en lien avec un « accident » survenu en juin 2014 ayant entrainé la mort d’une salariée, mais aussi la difficulté pour l’entreprise d’exporter ce type de grenade à l’étranger (la France étant le seul acheteur de ces grenades), la dénonciation croissante des violences policières depuis les gilets jaunes oblige Castaner à annoncer le remplacement des GLI F4.

Dénoncées depuis plusieurs années par les victimes et les collectifs de lutte contre les violences policières, le croche pied d’un CRS à une manifestante à Toulouse le 9 janvier a obligé les médias dominants et la classe politique à se prononcer sur la politique répressive du gouvernement.

Symbole de la coercition, responsable de mutilations, cette arme de guerre est l’incarnation des violences policières effroyables auxquelles les manifestants ont dû faire face.

Face à cette polémique, née en plein mouvement contre les retraites, le Ministre de l’Intérieur tente de relégitimer son institution, dans un contexte où la coercition est le pilier du maintien du quinquennat Macron et à l’heure où ce dernier est particulièrement impopulaire.

GLI F4 – GM2L : même danger, même combat !

Le bilan de la GLI F4, remplaçante de la grenade OF F1 responsable de la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014 au barrage de Sivens, est terrible : 33 blessés dont 5 mains arrachées !

Sa remplaçante, la GM2L déjà utilisée lors de plusieurs manifestations, est elle-aussi classée « arme de guerre » et si elle est annoncée sans effet de souffle (un terme moins inquiétant que ce qu’il implique : la présence d’explosifs) elle n’en reste pas moins dangereuse.

Le fabricant lui-même indique un fonctionnement et une efficacité « quasi identique » et on retrouve une analyse similaire dans le mémoire de défense présenté au Conseil d’Etat en mai 2019 :

Une arme qui servira donc, comme la GLI F4, à réprimer très durement les manifestants, et à poursuivre la politique répressive du gouvernement.