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Castaner veut « traquer ceux qui se cachent derrière des Facebook live »

Alors qu'Edouard Philippe a annoncé, au lendemain de l'acte 18, une série de mesures liberticides, Castaner n'est pas en reste. Le ministre de l'Intérieur entend ainsi « traquer ceux qui se cachent derrière des Facebook live ».

mardi 19 mars

Dispositif de sécurité... pour Castaner

Mis en difficulté après la défaillance sécuritaire qui a marqué l’acte 18, et des photos qui ont circulé le montrant, au soir de l’acte 17, en train de faire la fête, Christophe Castaner cherche aujourd’hui à reprendre pied, avec l’appui sans faille du reste du gouvernement, et en premier lieu d’Edouard Philippe.

« Un fusible dans l’administration (le préfet de police de Paris), l’interdiction des Champs-Elysées et des sanctions renforcées, le tout annoncé par Edouard Philippe, voilà qui ressemble aussi à un système de protection du ministre de l’Intérieur » écrit Cécile Cornudet dans un édito pour les EchosChristophe Barbier est lui aussi peu équivoque : le préfet de Paris a servi de fusible par défaut, compte tenu de l’absence de remplaçant à Castaner, et de la difficulté à changer de ministre en plein crise. Il a donc fallu sauver le soldat Castaner. La séquence qui s’ouvre est en cela à haut risque pour le ministre de l’intérieur : « Christophe Castaner, conforté par ses pairs, peut-il être celui-là ? Peut-il casser le procès en incompétence que l’opposition lui intente, et imposer sa légitimité abîmée sur ses troupes ? Désormais commence son acte II » poursuit Cécile Cornudet dans son édito.

Jouer la carte de l’homme fort pour se relégitimer

En cela, jouer la carte de l’appareil répressif renforcé doit servir à la fois à restaurer la crédibilité du régalien après la débâcle de samedi, et envoyer un signal politique fort, tant pour le président que pour le ministre de l’intérieur, montrant que le gouvernement s’attèle à reprendre la main. Dans la foulée des annonces effectuée par Edouard Philippe, Castaner a ainsi embrayé, revenant, dans une interview accordée au Parisien, sur l’approfondissement des mesures répressives déjà engagées, et notamment sur le contrôle accru des réseaux sociaux, ciblant notamment des figures du mouvement des Gilets Jaunes : « Nous emploierons systématiquement l’article 40 pour signaler tout ceux qui appellent à la haine, à l’émeute et à la casse. Nous l’avons déjà utilisé à 43 reprises mais nous serons encore plus attentifs sur les réseaux sociaux pour traquer ceux qui se cachent derrière des Facebook live. Quand j’entends Eric Drouet et Maxime Nicolle qui se félicitent samedi dernier de ce qu’il s’est passé sur les Champs-Elysées, j’estime qu’ils doivent rendre des comptes à la justice. »

Cette offensive sur les réseaux sociaux n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans la suite des mesures déjà évoquées par Macron sur la fin de l’anonymat sur internet. On se souvient notamment de la condamnation extrêmement lourde de Hedi, Gilet jaune de 28 ans, à six mois de prison ferme, pour avoir appelé à bloquer une raffinerie, son profil Facebook ayant été scruté et décortiqué (à charge) au cours de son procès au tribunal.

Relégitimer Castaner en cherchant à étouffer la mobilisation des Gilets Jaunes, voilà donc toute la stratégie qui sous tend la phrase choc du ministre de l’Intérieur sur la question des Facebook live.




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