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Politique

Scandale d'Etat ?

Caviar, champagne, pas de masques : les soirées clandestines de la bourgeoisie en plein confinement

Dans un reportage, M6 révèle l’existence de soirées privées mondaines qui continuent de se tenir dans les hauts cercles parisiens. Des soirées huppées à plusieurs centaines d’euros, où les gestes barrières n’existent pas. Le reportage révèle également que des ministres fréquenteraient des restaurants clandestins.

dimanche 4 avril

Faites ce que je dit, pas ce que je fais. C’est la leçon politique que veulent nous donner visiblement quelques riches parisiens pour lesquels les sermons du président de la République n’étaient visiblement pas adressés. Dans un reportage diffusé le vendredi 2 avril, M6 montre l’existence, à Paris, de club privés et de soirées mondaines organisées par la grande bourgeoisie parisienne. Des soirées om l’on fait activement et consciemment fi des gestes barrières et de toutes les recommandations sanitaires.

Dans le reportage, pas de doutes sur l’origine sociale de la clientèle : les menus d’un des clubs privés cité sont compris entre 160€ et 400€, tandis qu’une soirée privée « caviar et champagne » coûte 220€. Des prix exorbitants qui montrent bien que celles et ceux qui se passent des gestes barrières ne sont pas les ouvriers en première et deuxième ligne dont Macron vantait les mérites il y a un an. Les organisateurs sont totalement décomplexés dans l’organisation de telles soirées : « les gens qui viennent ici retirent le masque ; une fois que vous passez la porte, il n’y a plus de covid » explique ainsi ce qui semble être le maître d’hôtel à la journaliste de M6.

On pourrait penser que cela se passe dans le dos des autorités, mais cela est loin d’être le cas. En effet, dans le reportage, plusieurs internautes ont reconnu un lieu : le Palais Vivienne, un hôtel particulier du centre de Paris détenu par le collectionneur d’art Pierre-Jean Chaleçon. Or, sur les réseaux sociaux du chef Christophe Leroy sur Intagram, on aperçoit le même collectionneur, dans une salle visiblement préparé pour une fête, inviter les gens à le contacter.

Le reportage est aussi l’occasion d’évoquer ce qui pourrait être un scandale d’Etat. En effet, un collectionneur « anonymisé » dit avoir diné dans des restaurants clandestins et y avoir croisé des ministres à de nombreuses reprises. Interrogée ce matin par Europe 1 à ce sujet, Marlène Schiappa s’est montrée pour le moins défensive en expliquant : « Si des ministres ou des députés ont enfreint des règles, il faut qu’ils aient des amendes et qu’ils soient pénalisés comme n’importe quel citoyen. »

Une affaire à suivre, après les révélations successives concernant les pratiques de présentateurs stars comme Marc-Olivier Fogiel, des policiers, de journalistes de BFM TV ou encore de magistrats, qui ont tous été vus entrain de contourner les règles sanitaires imposées à la majeure partie de la population. L’histoire montre une nouvelle fois les privilèges honteux des « premiers de cordée » dont la crise sanitaire n’affecte que très peu le quotidien, tandis que les travailleurs de l’hôpital, de l’Éducation nationale, des transports mais aussi de l’industrie ou de la grande distribution, continuent de risquer leur vie en travaillant.




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