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"Ce n’est pas bien". Buzyn fait la morale aux urgentistes en grève

Après 3 mois de grève infructueuse, les grévistes de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, ont eu recours lundi à l'arrêt maladie pour protester contre la situation dramatique aux urgences. Sur France Inter, Agnès Buzyn n’a pas hésité à dénoncer le mouvement, accusant les grévistes de créer une « surcharge de travail pour les autres ».

mardi 4 juin

« Ça n’est pas bien », a lancé la ministre de la Santé, interviewée sur France Inter, réprimandant les urgentistes qui se sont mis en arrêt maladie dans la nuit de lundi à mardi pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. « La règle dans le monde médical, c’est que quand on fait grève, on met un brassard mais on vient travailler, pour ne pas mettre en danger la vie d’autrui ». Telle est la préoccupation, la seule réponse que gouvernement face à la crise qui frappe les hôpitaux publics est un plan d’austérité.

L’action à Lariboisière s’inscrit dans le mouvement de grève qui dure déjà plusieurs semaines et concerne désormais plus de 75 services en France, et dans le cadre duquel les grévistes se heurtent toujours à des autorités qui refusent de les entendre. Aussi, des personnels en lutte ont décidé de réaliser des grèves effectives, comme à Châlons-sur-Saône et Lons-le-Saunier fin mai.

Pourtant, si Agnès Buzyn n’hésite pas à dénoncer un mode d’action qui « accroît la fatigue des autres », c’est bien contre l’épuisement professionnel et la dégradation de la santé des soignants, liés au manque de financement des hôpitaux ainsi qu’au manque d’effectifs entretenus par les gouvernements successifs que luttent les grévistes.

Si auparavant, Buzyn disait qu’il n’avait pas de « solution miracle », aujourd’hui la ministre joue la carte de la conscience professionnelle et de la moralisation tout en défendant une politique à des années lumières de l’urgence véritable que connaît l’hôpital public. Une urgence qui est par ailleurs au principe de véritables « mises en danger d’autrui », qu’ils s’agissent des patients où des personnels, marqués par des taux de suicides élevés.

Personne ne s’y trompera, face au discours culpabilisateur de la Ministre, ceux qui œuvrent véritablement pour défendre l’hôpital et sauver des vies, ce sont les personnels en lutte dans les services d’urgences de toute la France.

Crédit photo : © Radio France.




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