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Notre classe

Soutien aux grévistes !

« Ce n’est que le début » : 100 % des travailleurs du nettoyage de Tolbiac en grève

Les travailleurs et les travailleuses d’Arc-en-ciel, le sous-traitant du nettoyage de l’université Paris 1 à Tolbiac, sont en grève depuis ce lundi. Très suivie, la mobilisation entend imposer ses revendications après des mois de maltraitance de la part d’Arc-en-ciel et de Paris 1.

mardi 8 novembre

Crédit photo : Le Poing Levé

Dès 7 heures, l’ensemble de l’équipe de nettoyage du matin était présente sur le piquet de grève, dans le hall de Tolbiac, pour tracter et discuter avec les étudiants et le personnel. Face aux mauvaises conditions de travail, au harcèlement et aux heures non payées, comme nous le rapportions, la détermination est forte : « Sans la grève, nous n’aurons rien ! » s’exclame Benali, gréviste et syndicaliste à la CNT-SO.

Les grévistes exigent la réintégration de Siva Jothivadivel, licenciée le 28 octobre pour avoir refusé de réorganiser ses équipes en supprimant des postes. Ils demandent également la réduction de la charge de travail notamment par de nouvelles embauches, et l’augmentation des salaires, car après des dizaines d’années de travail, leurs payes ne dépassent pas le SMIC. Et la liste des revendications se poursuit : mise en place d’un 13e mois, versement de la prime de décapage, paiement des salaires sans retard au 7 de chaque mois, arrêt des mutations abusives.

Contre le travail sans contrat dont sont victimes plusieurs salariés et face aux conditions de travail de la sous-traitance, ils et elles demandent l’embauche en CDI de tous les CDD, et l’internalisation à l’université des activités de nettoyage.

Enfin, et surtout, ils et elles se battent pour le respect et la dignité. Alors que Siva nous fait visiter le local insalubre dans lequel les salairiés prennent leur pause, au sous-sol du centre Tolbiac, elle désigne un coin « cuisine », mal éclairé : « Vous voyez le micro-onde et le frigo ? Nous avons dû les récupérer dans les poubelles, car la direction de Paris 1 a ignoré toutes nos demandes, nous n’avions rien pour manger. Et récemment, ils nous ont même fermé l’accès aux toilettes !  ». Dans le fond du local, un pan de plafond moisi s’effondre, juste au-dessus de l’unique évier de la pièce.

Alors que le piquet s’anime de plus en plus à mesure que les étudiants affluent dans l’université, des membres de la direction du centre Tolbiac s’approchent. Après avoir tenté d’empêcher le piquet de se tenir dans le hall, au mépris du droit de grève des salariés, ils s’enquièrent de la situation… et demandent aux grévistes d’assurer un service minimum ! « Après des mois et des mois d’alertes sur les charges de travail, sur le harcèlement, sur les paiements des salaires et des heures supplémentaires, des mois où la direction de Paris 1 nous a ignorés, c’est maintenant qu’ils daignent nous parler, parce que nous sommes en grève, et ils veulent qu’on reprenne le travail ? C’est non ! », nous confie un travailleur après en avoir discuté avec ses collègues grévistes.

Plusieurs professeurs, mais aussi des chargés de TD et des personnels de l’université, viennent au piquet et, aux côtés des étudiants, apportent leur soutien aux grévistes, notamment en participant t à la caisse de grève. Certains prenant un gâteau sur la table du petit déjeuner solidaire organisé par les militants du Poing Levé pour soutenir la caisse de grève. En une journée, celle-ci a collecté plus de 700€.

Le soir, l’assemblée des grévistes décide à l’unanimité de reconduire la grève. « Depuis le temps que nous voulions nous battre, ce n’est que le début », nous souffle Benali.

Soutenez la caisse de grève des travailleurs.euses du nettoyage de Tolbiac !



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