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Jeunesse

Témoignage

Cécile, 29 ans, étudiante et maman : "J’assume seule, donc la précarité est devenue une habitude"

« La précarité tue, pas toujours mais me concernant elle me touche de près ». Suite à l’immolation d’Anas, étudiant de 22 ans, nous appelons les jeunes à briser le tabou de la précarité : envoyez-nous vos témoignages sous la forme qui vous parle le plus : texte, dessin, musique, photos, vidéo...

mercredi 20 novembre

La précarité tue, pas toujours mais me concernant elle me touche de près…

J’ai 29 ans, je suis maman d’un petit garçon de huit ans et j’ai repris mes études à l’université du Mirail. J’ai procédé par le DAEU A qui m’a permis d’intégrer une L1 puis L2, puis aujourd’hui je suis en dernière année de licence en psychologie.

Chaque week-end je me déplace à Toulouse pour faire entendre mon opinion. Car oui je suis étudiante boursière avec 478 euros et puis la CAF bien sûr qui me verse environs 400 euros car je cumule les problématiques. Je n’habite pas à Toulouse, chaque jour je prends ma voiture et je parcours 60 km aller et 60 km retour avec tout à ma charge bien sûr : autoroute, périphérique bouché puis, parfois, huit heures de cours avec une petite pause que je m’accorde soit 5 euros par repas. Mais dans ma situation la journée n’en finit jamais car ma vie de maman reprend tous les soirs…

Je ne me sens pas victime, je lutte, j’accumule beaucoup de freins à la réussite dans mon parcours universitaire mais je me bats pour mon avenir, pour mon enfant et pour ma famille.

Mais je ne suis pas qu’étudiante, je suis mère et pour garder un niveau de vie décent rien de facile : le sport extra-scolaire, les vêtements, les activités. Mes charges fixe, un loyer de 500 euros, gaz-électricité 130 euros et l’eau 110 euros ainsi que les assurances diverses 48 euros, 20 euros, 68 euros et j’en passe. Car oui on ne peut pas vivre dans 20 mètres carrés avec un petit enfant. Et comme beaucoup je suis divorcée donc j’assume seule mon enfant, la précarité c’est devenu presque une habitude.

Je me sens rabaissée par mon propre pays qui ne facilite pas la vie avec du mépris dans les médias etc... Personne n’encourage les étudiants en général, suite à la massification des individus dans les université. Pourtant durant les années 2000 on nous répétait que c’était l’avenir, le diplôme comme gardien de l’emploi. Je n’avais que 10 ans mais en réalité aujourd’hui lorsque je vois autour de moi tous les jours ces étudiants de 20 ans qui calculent à l’euro près leur repas que penser ???

Que vais-je pouvoir dire à mon fils lorsque viendra l’heure des choix d’études quand il voit sa propre mère se débattre seule avec tout à charge en plus des études…
Devrions-nous nous laisser tels quels ? Moi je me bats, je ne suis pas victime d’un système je suis étudiante, citoyenne, femme, mère ...Il est temps que chacun puisse se donner les chances auxquelles on a le droit avec des revenus décents plutôt que vivre dans la précarité…

Battez-vous pour vous, pour nous, pour nos enfants… La précarité est comme une mort lente qui chaque jour plonge des étudiants dans des états psychologiques fragiles…

Tu vis ces situations ? connais ces angoisses ? Endettement étudiant, problèmes de logement, boulots précaires, pression scolaire ? Envoie ton témoignage, à l’écrit, en vidéo, en dessin ou en musique à siterevolutionpermanente@gmail.com, pour ne plus passer ces situations sous silence et commencer à préparer une réponse collective !

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Après le drame de l'étudiant de 22 ans qui s'est immolé par le feu pour dénoncer la précarité, le mouvement étudiant refait surface. Cette détresse n'est pas isolée, la précarité chez les étudiants existe bel et bien. 😠 Révolution Permanente lance une campagne de témoignages contre la précarité étudiante ! 👊 Endettement ? Problèmes de logement ? Boulots précaires ? Pression scolaire ? Envoie ton témoignage à l'écrit, en vidéo, en dessin ou en musique (ou autre) à siterevolutionpermanente@gmail.com Pour ne plus passer sous silence et commencer à préparer une réponse collective ! . #laprecaritétue #burnout #jeunesse #précarité #precaritemenstruelle #suicide #temoignage #etudiant #metroboulotdodo #metroboulotcaveau

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