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Politique

Cécilia Attias ex-Sarkozy soupçonnée d’avoir eu un emploi fictif au sein de l’Assemblée

En plein procès des écoutes, l’entourage Sarkozy se retrouve à nouveau au milieu d’un scandale. Ce 13 janvier, l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné a publié une enquête remettant en question la réalité de l’emploi qu’a occupé Cécilia Attias de 2002 à mars 2003.

jeudi 14 janvier

Crédits photo : PATRICK KOVARIK / AFP

C’est à la faveur de Sarkozy qui venait alors d’être nommé Ministre de l’Intérieur que Cécilia Attias a été engagée pendant neuf mois comme assistante parlementaire de la députée des Hauts-de-Seine Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Le Canard Enchaîné révèle qu’Attias se vantait de son travail de conseillère « bénévole » auprès de son mari. En réalité, la « bénévole » était rémunérée de 3088 euros net pour un mi-temps de 76h par mois. Toujours selon Le Canard : “Pas un article, pas le moindre reportage, pas un seul des multiples ouvrages consacrés à l’ex-première dame ne mentionne son boulot d’attachée parlementaire auprès de la députée de Puteaux”. Le questionnement autour de la réalité de l’emploi semble légitime quand on apprend dans L’Obs qu’elle ne disposait même pas d’un bureau à la « mairie de Neuilly-sur-Seine », mentionné comme son lieu de travail sur son contrat.

Cette affaire n’est pas sans rappeler le Penelopegate déjà lancé par le Canard en 2017. Visiblement, les membres des Républicains sont intarissables en matière d’actes délictueux. Pénélope Fillon avait été mise en examen par le Parquet Financier en mars 2017 pour « complicité de recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de biens sociaux » et « recel d’escroquerie aggravée ». Selon l’Express, cette dernière a été « rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou comme suppléant, mais aussi par la Revue des deux mondes, propriété du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, ami du candidat » pour un emploi en réalité fictif. Les deux enfants du couple Fillon ont sensiblement reçu les mêmes chef d’inculpation. Après tout, pourquoi ne pas en faire profiter toute la petite famille ? Fillon était premier ministre durant le mandat de Sarkozy. Celui-là même qui est actuellement en procès pour corruption. Les similitudes entre les deux hommes sont bien étroites et se rejoignent jusqu’à la cour de justice. Au-delà des scandales de l’emploi fictif, rappelons qu’au 31 décembre 2016, 59 sénateurs sur 348 employaient au moins un membre de leur famille. Cela démontre à quel point ces emplois fictifs et familiaux ne sont pas de simples dérives. Ce sont les symptômes d’une structure gouvernementale où corruption, népotisme et arrangements officieux sont une tradition.

L’affaire Cécilia Attias bénéficie aujourd’hui de la prescription mais c’est un écho douloureux dans une période de crise économique grave. Profitant de la crise sanitaire et prenant pour prétexte leur soi-disantes pertes, les grandes entreprises multiplient les plans de licenciement pour 2021. Selon le journal L’Usine Nouvelle : « Janvier voit les premiers départs volontaires de salariés de Renault. L’accord "de transformation des compétences" signé le 20 novembre 2020 entre la direction de Renault et trois de ses syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO) acte la suppression, en France, de 2500 postes dans l’ingénierie et les fonctions support. ». Les grévistes de Grands Puits sont mobilisé.es depuis le lundi 4 janvier contre le plan de licenciement lancé par Total. Celui-ci annonce la suppression de 700 postes en comptant ceux de la sous-traitance qui font partie des postes aux conditions de travail les plus précaires.

En ces temps de crise économique où les patrons licencient et les salaires baissent, on ne peut que rire jaune en apprenant que Cécilia Attias a pu bénéficier de près de 3000 euros par mois et cela, pour un emploi à mi-temps qu’elle n’aurait même pas occupé et sans jamais avoir à se soucier de la possibilité d’un licenciement. Les mesures prises par le gouvernement continuent à précariser toujours plus la classe prolétaire et à renflouer les poches des bourgeois.es en toute impunité.




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