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Politique

Cédric Chouviat : un an plus tard, une marche pour dénoncer l’impunité policière

Le 5 janvier 2020, Cédric Chouviat mourait à l’hôpital suite aux violences infligées par quatre policiers, actuellement toujours en fonction. Un an plus tard, une marche blanche a été organisée en sa mémoire. Une affaire qui révèle toujours plus l’impunité dont bénéficient les policiers.

lundi 4 janvier

Pour ouvrir cette nouvelle année avait lieu ce dimanche une marche blanche en mémoire de la mort de Cédric Chouviat, décédé le 5 janvier dernier suite aux violences qu’il a subies de la part de quatre policiers l’ayant maîtrisé puis asphyxié. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour rendre hommage à ce père de 42 ans. Sophia Chouviat, sa fille, rappelle ainsi au micro de Révolution permanente qu’il était important d’être présents pour "rappeler les faits, l’injustice qu’il a subie, et le combat qu’on mène depuis un an".

Beaucoup de familles de victimes de violences policières étaient présentes à la marche, notamment celles d’Adama Traoré, Babacar Gueye, ou encore Gaye Camara. La marche avait pour mot d’ordre la suspension des quatre policiers impliqués. On rappelle que si à l’heure actuelle, trois des policiers sont inculpés pour "homicide involontaire" et qu’une des policières a été mise en état de "témoin assisté", ces derniers sont toujours en fonction. Une impunité que dénonçaient les manifestants et le visuel d’appel à la marche sur lequel était écrit, sous le visage de Cédric Chouviat : « quatre policiers m’ont tué. Moi, mort le 3 janvier. Eux toujours policiers » Jusqu’à maintenant, les policiers ont tout fait pour se couvrir alors que leur interpellation a manifestement conduit à la mort de Cédric Chouviat. Les policiers cherchant à en faire un simple accident affirmant par exemple ne pas avoir entendu le livreur crier à sept reprises "j’étouffe". Dans le compte rendu initial, les quatre policiers ne faisaient pas état de la clé d’étranglement non plus, technique que de nombreuses victimes ou familles de victimes de violences policières dénoncent depuis plusieurs années.

Dans une interview accordée à Révolution Permanente, Assa Traoré revient sur cette technique de la clé d’étranglement, et rappelle que c’est cette même technique qui a causé la mort de bien d’autres personnes, comme son frère Adama Traoré, tué par la police en 2016 : "Cédric Chouviat est mort comme tant d’autres de cette technique, comme mon frère, de cette technique d’immobilisation que moi j’appelle mortelle". Elle ajoute : "ça montre que nous sommes entourés de policiers violents, de policiers qui veulent continuer à exercer de la violence sur nous".

La marche faisait également le lien avec la mobilisation contre la Loi Sécurité Globale. En effet, la mort de Cédric Chouviat a une fois de plus montré en quoi filmer les violences policières pouvaient être une de ces maigres armes dont disposent ceux qui sont victimes de violences policières. En ce sens, les vidéos prises par Cédric Chouviat lui-même au moment de sa violente interpellation, ainsi que celle d’une des policières présentes, ont permis l’ouverture de l’enquête.

La mort de Cédric Chouviat a encore une fois montré l’importance de se mobiliser massivement contre la Loi Sécurité Globale qui vise à interdire de filmer les policiers, et plus largement contre l’offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement, en l’occurrence la loi sur le séparatisme qui prévoit déjà une alternative à l’article 24 de la loi sécurité globale. En effet, l’article 25 de la loi sur le séparatisme vise à punir encore plus sévèrement la publication d’éléments permettant d’identifier "autrui" dans sa "vie professionnelle". Un texte qui pourrait permettre d’étendre l’interdiction de filmer les policiers à des pans encore plus larges.

Amal Bentounsi, de la famille d’Amine Bentounsi, mort entre les mains de la police, revient sur cette nécessité de combattre la loi séparatisme et la Loi Sécurité Globale.




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