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Monde

Censure sur Facebook : une attaque frontale contre les libertés démocratiques

Mark Zuckerberg l’a annoncé cette semaine, les contenus politiques seront de moins en moins visibles sur Facebook. En pleine crise sanitaire et politique, la censure au niveau des réseaux sociaux se fait de plus en plus présente et menace toujours plus nos droits démocratiques.

vendredi 12 février

AFP / Justin TALLIS

Dépolitiser Facebook afin que « les communautés auxquelles les internautes se connectent soient saines et positives », voici la nouvelle volonté de Mark Zuckerberg annoncée lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe. Cette décision survient notamment suite à l’affaire de Donald Trump, banni de Facebook après l’envahissement du congrès américain par ses partisans le 6 janvier dernier.

Si pour l’instant cela n’en est qu’ au stade d’expérimentation au Canada, au Brésil en Indonésie et aux Etats-Unis, la patron de Facebook est clair : « faire baisser la tension et décourager les conversations clivantes. L’une des manières dont on fait cela est évidemment en supprimant les groupes qui violent nos règles d’utilisation [...] Mais il y a aussi un tas de groupes qui ne violent pas nécessairement nos règles, qu’on ne veut pas forcément mettre en avant ».

Autrement dit, les contenus politiques seront de plus en plus invisibilisés par les jeux d’algorithme.

Par là Facebook compte tout simplement censurer les contenus politiques de la plateformes, alors même qu’en comptabilisant plus 2,5 milliards d’utilisateurs il est l’un des canaux d’informations les plus importants et les plus populaires. « Et pour être clair, bien sûr, nous allons toujours permettre aux gens de participer à des groupes politiques et à des discussions s’ils le souhaitent. Ceux-ci peuvent souvent être importants et utiles. Ils peuvent être des moyens par lesquels les gens organisent des mouvements populaires, dénoncent l’injustice ou apprennent de personnes ayant des perspectives différentes. », déclare Mark Zuckerberg non sans hypocrisie au vu des premiers propos rapportés dans la même conférence.

Sous prétexte de traque au contenu haineux et dangereux, Facebook s’apprête à attaquer frontalement le droit démocratique des plus important et arraché par les luttes, la liberté d’expression. Tout en assurant que les autorités publiques ne seront pas touchées par ces restrictions, Facebook va plonger toujours plus dans l’ombre les voix « clivantes », notamment celles des militants dont la censure est déjà monnaie courante. Bien plus, il est scandaleux que ce soit un géant du numérique comme Facebook et son PDG Mark Zuckerberg qui décident du contenu acceptable ou non, des informations qui peuvent circuler et celles qui ne le peuvent pas sur les réseaux sociaux. Au-delà de cette aberration et tout comme Twitter qui a recours de plus en plus souvent à la censure, il est impossible de faire confiance aux entreprises qui détiennent ces plateformes pour combattre l’extrême-droite.

Obéissant seulement à une logique de profit, ces entreprises ne luttes en rien contre l’extrême droite, au contraire il promeut ce discours lorsqu’ils suspens des comptes de plusieurs militantes féministes qui avaient tweeté « Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer » ou qualifie la dénonciation du patriarcat et du racisme de « discours haineux », alors même que ces mêmes personnes sont souvent victimes de véritables campagne d’harcèlement sur les réseaux sociaux.

Bien plus, ce sont les médias indépendants qui ont été notamment en première ligne pour visibiliser les violences policières depuis les Gilets Jaunes en passant par les réseaux sociaux qui vont être les premiers touchés par ces changements. Dans un contexte de crise politique profonde, il n’est pas étonnant de voir la censure se renforcer de la part des grands capitalistes autant du côté des entreprises privées que du gouvernement. Nous le voyons aussi bien avec la loi sur le séparatisme où le gouvernement s’attaque directement à la liberté d’expression en ligne en pleine crise sanitaire au moment où les réseaux sociaux permettent justement d’avoir des discussions politiques.

Alors que la gestion de la crise sanitaire par les capitalistes est catastrophique, que les inégalités sociales, les licenciements et la misère sociale augmentent, pour le gouvernement et les grand capitalistes comme Facebook et twitter, l’heure est aux attaques anti-antidémocratiques sur la liberté d’expression pour mieux invisibiliser la réalité de la situation.

Au vu de la situation, il est certain que ces derniers craignent le potentiel qu’ont les réseaux sociaux pour diffuser les informations et organiser la colère grandissante, et les attaques anti-démocratique de ces derniers mois démontrent une tentative de reprendre le contrôle. Face à cela il est important de faire front dans la rue en toute indépendance des grands capitalistes et contre les politiques liberticides de Macron qui ne sont en rien nos alliés dans la lutte contre l’extrême droite.




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