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Rencontre entre secteurs en lutte

Centrale nucléaire de Nogent : la proposition d’une rencontre nationale de la grève fait son chemin

Proposée par la coordination RATP-SNCF, la CGT Total-Grandpuits et la CGT Energie Paris, l’idée d’une rencontre nationale de la grève commence à être popularisée dans les grands bastions de la grève. Aujourd’hui, celles et ceux qui défendent cette idée sont venus à Nogent-sur-Seine convaincre les salariés de l’énergie de se joindre à cette rencontre.

lundi 17 février

Ce lundi 17 février, à la centrale de Nogent-sur-Seine, un blocage était organisé par les grévistes pour protester contre la réforme des retraites. Et, à côté des traditionnels soutiens locaux, de l’Union départementale ou de l’Union locale, d’autres grévistes étaient venus discuter avec les salariés de l’énergie. Ceux-ci, issus de la coordination RATP-SNCF, ainsi que de la CGT Total-Grandpuits, sont venus proposer aux grévistes une nouvelle idée, celle d’une rencontre nationale de tous les secteurs en grève courant mars. Sur l’appel, disponible sur la page facebook de la coordination, les signataires partent d’un bilan : la grève reconductible à la RATP et à la SNCF, ainsi que les mouvements dans les autres secteurs de métiers, n’ont pas suffi à faire reculer le gouvernement. Il s’agit donc, pour ces signataires, d’élargir l’arc de force d’une grève interprofessionnelle et reconductible, et « d’élaborer un plan de bataille débouchant sur une véritable grève générale ».

C’est donc pour défendre cette idée que trois agents de la RATP, une cheminote et un raffineur sont venus depuis Paris pour échanger autour de cette idée avec les grévistes de la centrale nucléaire. Durant l’Assemblée Générale, Yassine, machiniste au dépôt de Malakoff (Hauts-de-Seine), explique sa présence : « l’idée, d’où ma présence ici, c’est de tisser des liens avec les différents secteurs. Le bilan qu’on a tiré, c’est qu’on était trop isolé dans le mouvement en reconductible et qu’on avait besoin de tous les secteurs impactant : c’est comme ça qu’on gagnera  ». Laura, qui est cheminote sur le triage du Bourget, développe la même idée : « on se pose la question de comment préparer la suite. On a été beaucoup à faire 60 jours de grève ou plus, et même avec deux grosses corporations en reconductible, on n’a pas pu faire retirer ce projet de réforme. Il s’agit de préparer la suite, voir comment on peut se coordonner, pour partir avec un vrai plan de bataille pour gagner cette fois-ci ».

A la RATP, comme à la SNCF, de plus en plus de grévistes doutent des journées de grève de 24h, toutes les semaines ou toutes les deux semaines, déconnectées d’un véritable plan de bataille pour repartir en reconductible. Et chez les salariés d’EDF, beaucoup voient aussi les limites de telles modalités d’action. Car s’il faut tirer les bilans du premier round contre la réforme des retraites, il s’agit aussi pour beaucoup de ne pas reproduire les erreurs des luttes passées qui ont mené à des défaites, comme avec les journées saute-mouton en 2010 contre la réforme des retraites ou encore la tactique de la grève perlée dans la bataille contre la réforme ferroviaire. Le mot d’ordre est donc clair : il faut « (se rassembler et trouver un plan, une stratégie, pour essayer de faire reculer le gouvernement » résume Leila, elle aussi gréviste sur le dépôt de Malakoff.




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