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Notre classe

Pas de trêve pour les capitalistes

Cette année sous le sapin, des lettres de licenciements par milliers

La lettre de licenciement sous le sapin, ça ne gène pas les capitalistes. Les salariés n'étant que des variables d'ajustement, nombre d'entre eux passeront les fêtes de fin d'année en sachant que 2021 commencera dans les pires conditions.

mardi 22 décembre 2020

Crédits image : France 2

Que ce soit pour les Cauquil, pour les AAA à Toulouse, pour les Cargill de Haubourdin dans le Nord, ou pour tant d’autres ouvriers les fêtes de fin d’année vont avoir un goût amer car les capitalistes sont bien déterminés à gâcher la vie des salariés jusqu’au bout en leur envoyant leurs lettres de licenciements avant la fin de l’année. Des fêtes de fin d’année sous le signe du chômage donc ou alors avec le couperet au-dessus de la tête pour les premiers mois de l’année et qui plombent une ambiance déjà peu reluisante tant la succession des PSE s’accelère depuis la crise économique engendrée par l’épidémie de Covid-19.

« Cette année une guirlande pour se pendre » trouve-t-on écrit sur une pancarte devant l’usine Cauquil en grève ; « c’est un joli cadeau de Noël », ironise un opérateur de production de chez Cargill à propos des lettres de licenciement qui commencent à arriver par la poste... l’amertume est palpable dans ces paroles de salariés broyés par leur direction au nom du profit. Après une année où les travailleurs en première ligne n’ont eu aucun répit et où ils ont pris des risques pour faire tourner les secteurs essentiels de la production, le mépris des capitalistes est perçu comme une ultime humiliation.

À l’usine Cargill, où un PSE menace les emplois depuis novembre 2019, l’arrivée des premières lettres de licenciements montre toute l’inhumanité de la direction. Le 10 septembre dernier, syndicats et direction se mettent d’accord pour ne délivrer les avis de licenciement qu’à partir du 4 janvier 2021 pour laisser un peu de répit aux salariés et limiter les risques psycho-sociaux. Mais avant même le début des vacances scolaires, une dizaine de salariés a déjà reçu sa lettre et d’autres vont la recevoir sous peu. Dorian Vallois, qui dénonçait déjà une direction qui « casse l’être humain » en août dernier lors d’un après-midi de mobilisation devant l’usine de fabrique d’amidon, s’insurge contre « l’irrespect » de la direction : « Ils nous avaient pourtant clairement annoncé qu’il n’y aurait aucun envoi avant les fêtes. On nous parle de ressources humaines. Ressources OK, mais l’humain il est où la dedans ? ».

Les risques psycho-sociaux liés à l’annonce du licenciement que la CGT Cargill a mis au centre de son combat pour sauvegarder les emplois ne semblent pas inquiéter une direction voulant rapidement faire place nette des salariés qu’elle juge superflus. Dorian Vallois explique cette volonté de la direction de Cargill par le fait que « le responsable des relations sociales a entamé une guerre ouverte avec la CGT parce qu’on est en désaccord avec la direction sur le PSE. Là où il faudrait faire les choses dignement, il se venge et en fait une affaire personnelle ». Il dénonce encore une fois l’acharnement de la direction à réduire à néant les salariés qui se battent pour leurs emplois : « En plus de prendre nos emplois, ils nous détruisent psychologiquement ». Même le secrétaire du CSE, Daniel Petit, reconnaît que cette décision est « une manière de remuer le couteau dans la plaie ».

[Dans un article paru dans Libération->les salariés de Cargill expriment toute leur colère contre la direction et montrent toutes les conséquences dramatiques que les licenciements ont sur la vie des salariés. L’un d’entre eux affirme : « ils m’ont tué » lorsqu’on lui a donné « rendez-vous pour vider [son] casier avant le 31 décembre ». Dépressif et séparé de sa compagne et de sa fille, le salarié se retrouve avec une maison achetée à crédit sur les bras dans une région où le chômage frappe déjà fort et où les PSE, comme à Bridgestone, renforcent la misère. La lettre de licenciement sous le sapin, c’est vraiment la preuve que pour les capitalistes leurs profits passent avant nos vies.




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