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Politique

Instrumentalisation raciste

Chaos au Stade de France : l’extrême-droite instrumentalise à des fins racistes, au profit de Macron

Suite au scandale de la finale de la Ligue des Champions samedi soir, l’extrême-droite s’est saisie de l’actualité pour l’instrumentaliser à des fins racistes : « Saint-Denis est hors de contrôle », « quinquennat de l’avènement des racailles »,… en déferlant leur xénophobie, les réactionnaires avancent un argumentaire qui dédouane le gouvernement de toute responsabilité.

lundi 30 mai

crédits photo : DYLAN MARTINEZ / PANORAMIC

Depuis samedi soir, les images chaotiques de la finale de la Ligue des Champions font le tour des réseaux sociaux. En cause ? L’organisation catastrophique de l’évènement sportif par l’Etat, dont la gestion des flux a provoqué des goulots d’engorgements bloquant des milliers de supporters dans des conditions dangereuses, avant que la police ne finisse par réprimer la foule.

Des évènements dont l’extrême-droite s’est saisie, comme à son habitude, pour les instrumentaliser de manière raciste. Un florilège de commentaires xénophobes a ainsi émergé sur les réseaux sociaux, accusant « les jeunes de banlieues » d’être « responsables » de la gestion chaotique.

Marine Le Pen s’est elle aussi dépêchée de réagir à la situation dans l’émission Le Grand Jury ce dimanche, s’attaquant aux habitants du 93 en expliquant que « le département de la Seine-Saint-Denis est hors de contrôle. [...] Cet effondrement rattrapera tout le monde. ». De même, Eric Zemmour a déversé sa haine raciste sur Europe 1 ce lundi en pointant du doigt les « banlieusards, pillards, voleurs et tutti quanti » et en évoquant un « quinquennat de l’avènement de racailles qui font la loi de plus en plus ».

En manque d’arguments pour justifier leur xénophobie, les réactionnaires sont allés jusqu’à utiliser des raisonnements des plus délirants, certains accusant... Karim Benzema d’être à l’origine des débordements près du Stade de France ! Pascal Praud s’est ainsi insurgé sur CNEWS en affirmant que le problème était que « personne n’a dit dans une réunion, attention, il y a Karim Benzema sur le terrain ! ». Dès dimanche sur LCI, Luc Ferry s’interrogeait de son côté en guise d’explication : « quand Karim Benzema est condamné à un an de prison avec sursis pour tentative de chantage et qu’il va avoir le ballon d’or, quel message on envoie à la foule de supporters ? ».

Un récit profondément raciste, qui reprend des poncifs sur les habitants des banlieues, et qui conduit à exonérer le gouvernement et sa police de leur responsabilité centrale quant au chaos de samedi. Pourtant, la presse internationale et les témoignages sur place pointent tous la responsabilité du gouvernement et des forces de répression dans la situation de samedi à l’image de John Machin qui écrit que « le pire restera la brutalité horrible de la police française. Gaz lacrymogènes. Armes pointées sur les supporters ».

Une responsabilité que l’extrême-droite tend à effacer, jouant ainsi une nouvelle fois son rôle de meilleur alliée de la macronie.



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