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Chez Idex, prestataire de ADP, la direction veut maintenir l’activité à tout prix

Alors que de nombreux médecins exigent un arrêt plus strict de la production non-essentielle, beaucoup d’entreprises continuent d’imposer la mise au travail en s’appuyant sur les directives du gouvernement. C’est le cas de Idex Energies, prestataire de ADP, dont les salariés techniciens CVC continuent d’être contraints de travailler sans équipements de protection et sur des tâches non-essentielles.

mardi 24 mars

Crédit photo : IDEX Energies

Alors que de nombreux médecins exigent un arrêt plus strict de la production non-essentielle, beaucoup d’entreprises continuent d’imposer la mise au travail en s’appuyant sur les directives du gouvernement. C’est le cas de Idex Energies, prestataire de ADP, dont les salariés techniciens CVC continuent d’être contraints de travailler sans équipements de protection et sur des tâches non-essentielles.

Chez Idex Energies, les salariés n’en reviennent pas. Alors que l’épidémie de coronavirus s’étend en France, que les commerces non-essentiels ont été fermés et une partie de la population confinée, leur travail continue comme si rien ne se passait.

« La semaine dernière nous ne travaillions que sur les interventions urgentes, de première nécessité, mais la direction a récemment envoyé un mail en nous expliquant que désormais on travaillerait normalement, en réalisant l’ensemble des travaux préventifs. » explique ainsi Julien*, un salarié de cette entreprise qui emploie 3000 personnes en France dans les services énergétiques.

Prestataire pour Aéroports de Paris, les salariés de Idex Energies continuent ainsi de s’occuper du chauffage de l’ensemble des aéroports du groupe, alors que les équipements de protection individuelle essentielles dans une telle situation ne sont pas fournis. « On a récemment eu du gel hydroalcoolique… mais pas de masques ! » note Julien, avant de préciser : « toute l’année on nous bassine avec les chaussures de sécurité, mais le jour où la sécurité devient une question de vie ou de mort, l’équipement est totalement négligé. »

Une situation qui rappelle celle que connaissent de nombreuses entreprises en France, et qui s’inscrit directement dans la gestion de crise défendue par le gouvernement : une gestion pro-patronale qui met la « sécurité économique » et le maintien de la production – même non-essentielle – au même niveau que la « sécurité sanitaire ». « La direction se couvre avec les directives de Macron. Comme l’Etat dit d’aller travailler, elle s’appuie dessus pour nous demander d’aller travailler. » précise ainsi Julien, démontrant la complicité évidente entre directions d’entreprises et gouvernement.

Inquiets de cette situation, de nombreux salariés ont souhaité exercer leur droit de retrait, mais « le directeur mis la pression aux salariés en leur expliquant qu’ils ne seraient pas payés ». Aucun cadeau pour les salariés donc. Et pour ceux qui travaillent sur des sites qui ont fermé, le chômage partiel tant vanté par le gouvernement ne sera appliqué qu’en dernier recours. « Beaucoup de sites sur lesquels on travaille en France ont fermé, mais les collègues concernés ont été obligés de prendre leurs congés, leurs RTT et leurs jours de récup ! L’entreprise serait prête à envisager le chômage partiel, mais uniquement une fois que les salariés auront épuisé leurs congés payés. » raconte ainsi Julien, témoignant d’une volonté de l’entreprise de faire payer aux salariés la crise.

La gestion de crise d’Idex est donc claire, privilégier le maintien des prestations qu’il est encore possible de réaliser, à tout prix. « Plus de la moitié de la société a arrêté, mais on utilise tous ceux qui pourraient continuer pour maintenir les bonus des actionnaires. » explique encore Julien.

Pourtant, les pressions de la direction en font qu’augmenter la colère de l’ensemble des salariés. C’est ainsi à un profond changement d’état d’esprit que l’on assiste dans la boîte. « Les collègues se sentent lésés. Ils comprennent que tous leurs responsables sont tranquillement à la maison en train de faire du télétravail, tandis qu’eux sont laissés à l’abandon, forcés à aller sur le terrain. » note Julien. Et de s’étonner : « Cette épidémie elle a réveillé les gens ! Beaucoup de salariés sont naïfs, et là les masques sont tombés. D’habitude, la direction arrive à les calmer, mais aujourd’hui ils voient que face à une histoire de vie ou de mort elle n’a aucune considération. Même les salariés les plus dociles se rendent compte qu’il n’y a aucune considération de la direction. »

Un changement d’état d’esprit qui pourrait occasionner de fortes résistances à la tentative du gouvernement et des employeurs d’imposer la continuité du travail coûte que coûte dans les activités non-essentielles, et qui pose la question de qui devrait pouvoir décider quelles activités doivent être maintenues et dans quelles conditions. Sur ce plan-là, le patronat a plutôt montré ces dernières semaines que sa défense des profits à tout prix le conduisait à négliger la sécurité et l’hygiène, et que les salariés étaient les plus à même d’imposer les mesures les plus sensées, en imposant eux-mêmes l’arrêt ou la limitation drastique de la production dans de nombreux cas.

*Le prénom a été modifié




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