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Coronavirus

Chez Tisséo, mécanos et conducteurs travaillent dans des espaces non-désinfectés

Syndicats et salariés des transports urbains de Toulouse dénoncent, depuis le début de l'épidémie de Covid-19, un manque de moyens afin de désinfecter leurs espaces de travail, dont les bus et métro, et le maintien d'activité non-indispensable. Une situation dramatique, qui met en danger travailleurs et usagers.

jeudi 26 mars

A Toulouse comme partout ailleurs, la vie est aujourd’hui rythmée par la lutte contre la propagation du Coronavirus. L’actuel maire, Jean-Luc Moudenc, a entre autre décrété la gratuité des transports publics. Chez Tisséo, entreprise qui gère les transports urbains de Toulouse et dans la métropole, les voix s’élèvent pour dénoncer des conditions sanitaires inacceptables.

Ce 22 mars, le syndicat CGT Tisséo a ainsi publié un communiqué à destination de sa direction, mettant en avant le fait que, dans la situation actuelle particulière avec le maintien d’un service de transport non-adapté à la lutte contre le Covid-19, la désinfection minimale des véhicules ne sont pas assurés ! Pire, les agents faisant tourné la boutique, et en particulier les conducteurs, se retrouvent à court de lingettes désinfectantes pour nettoyer, à minima, leurs cabines de conduite.

Une situation qui met en danger la santé des travailleurs, mais aussi celle des usagers. On pense notamment aux personnels soignants, des services de nettoyage et de la grande distribution qui sont en première ligne des services indispensables à la lutte contre le Covid-19. On pense aussi à l’ensemble des travailleurs des secteurs non-essentiels, comme dans l’aéronautique où Airbus et ses sous-traitants mènent une guerre totale contre les salariés pour forcer la reprise de l’activité, comme si il était indispensable aujourd’hui de produire des avions. Une situation que souligne un peu plus le cynisme du PDG de Derichebourg qui a annoncé à ses salariés qu’il fallait « choisir de mourir de faim ou du virus ».

Des problèmes sanitaires généralisés et le maintien d’activités non-indispensables

Mais les problèmes ne se limitent pas aux véhicules. Selon les informations que nous avons glanées auprès des syndicalistes et de salariés présents sur le terrain, c’est dans l’ensemble des services que les conditions sanitaires sont dégradées chez Tisséo.

« On continue les dépannages des distributeurs et des tourniquets dans les stations sans aucune mesure de sécurité » explique ainsi un agent de la billettique. Un autre agent confie qu’un de ses collègues lui a avoué que la situation était chaotique dans le métro, ou « les usagers l’interpellent en tant que représentant Tisseo pour avoir des réponses à leurs questions, et sans masques bien sûr ». Une situation d’autant plus absurde que la gratuité des transports a été décrétée, et qu’il suffirait de laisser les portes ouvertes...

Toujours dans le métro, des salariés dénoncent le manque de moyen pour effectuer les travaux et le nettoyage nécessaires dans les rames, ne disposant que de gants et masques. Au niveau du matériel de désinfection, on en reste au niveau des lingettes, dans la limite des stocks disponibles. Selon un syndicaliste, « heureusement qu’on a gagné le lavage des tenues au métro, ça fait une sources en moins de contaminations des foyers. Mais la réception des tenues propres prend du retard ». C’est aussi dans les centres bus et de mécanos que les problèmes s’accumulent. Le service s’occupant du mobilier urbain est le seul à s’être arrêter dès le début du confinement.

Un travailleur nous a aussi informé de la saleté des espaces de travail où les normes sanitaires ne sont pas respectées : Aucune protection pour les conducteurs kiosque dégueulasse entasser dans des algeco pour manger micro-ondes dégueulasses des kiosques sans rouleau de papier pour s’essuyer les mains après les avoir lavé ne parlons même pas du nettoyage des bus qui est fait par une société extérieure les pauvres aucun équipement pour se protéger, désinfections des bus vraiment aléatoires pendant que des gens chez Tisséo sont tranquillement planqués chez eux nous les roulants nous sommes en première ligne.

Dans les restaurants d’entreprises, des salariés nous ont également fait savoir que la situation touche les travailleurs d’entreprises sous-traitantes où les effectifs sont réduits au minimum ne permettant pas d’assurer un service respectant les consignes de sécurité sanitaire minimale.

Pour compléter ce tableau noir, les travailleurs de la maintenance du matériel dénoncent eux aussi une situation sanitaire dramatique. C’est le cas des salariés intervenant sur le mobilier urbains (abri- bus en particulier) qui manque de moyen pour intervenir en toute sécurité, mais aussi des travailleurs qui interviennent sur l’entretien des véhicules. Non seulement, les bus s’accumulent sur les parkings, sans être désinfectés correctement au vu du système en roulement, mais ce sont de nombreux travailleurs qui se retrouvent à bosser côte à côte sans possibilité de respecter la fameuse distanciation sociale préconisée, et ce malgré le fait que les effectifs sont aujourd’hui réduits. Et bien sûr, là aussi les moyens en masques, gants, lingettes et autre gel hydroalcoolique manquent. Par ailleurs, des services non essentiels, comme celui de la carrosserie, que les salariés nous ont affirmés qu’ils étaient loin d’être indispensable, restent en activité.

Une bataille pour obtenir la prime de 1000€

En plus de ces conditions de travail inacceptable, la direction de Tisséo ajoute au mépris un cynisme absolu, se montrant très réservé sur l’octroi de la prime de 1000€ promise par le gouvernement pour les personnels en première ligne contre le virus. Le syndicat FNCR Tisséo a ainsi publié un communiqué réclamant l’octroi de cette prime. Une demande de l’ensemble des syndicats, qui réclament aussi des moyens pour assurer aux salariés de pouvoir exercer dans des conditions sanitaires optimales :

Pour la mise en place de commissions d’hygiène pour la sécurité de travailleurs et usagers !

L’exemple de Tisséo est frappant, il est impossible de faire confiance aux patronats de ces entreprises pour gérer la crise sanitaire ! C’est pourquoi il est indispensable de revendiquer la mise en place de commission d’hygiène pour la sécurité de travailleurs et usagers dans les transports publics.

Ces commissions doivent être composé à majorité de travailleurs, syndiqués ou non, et d’usagers pour penser un plan d’urgence, déterminer quel secteur doit être maintenu ou non selon son caractère indispensable et avoir un pouvoir décisionnaire pour planifié les transports publics. c’est à nous, salariés et usagers, c’est-à-dire les premiers concernés, de réfléchir et proposer une organisation et des conditions de travail adaptées, d’autant plus que c’est bien dans les transports publics que le taux d’exposition au Coronavirus est le plus élevé. C’est à ce prix qu’il sera possible de lutter efficacement contre la propagation du virus, et ainsi sauver des centaines, voir des milliers de vies.

Les militants de Révolution Permanente ont lancés une grande campagne de témoignage afin de rendre visible les conditions de travail déplorables au milieu de cette crise sanitaire ! Si vous souhaitez témoigner, n’hésitez pas à nous contacter à cette adresse mail : [email protected] ou bien sur le compte facebook de Révolution permanente https://www.facebook.com/RevolutionPermanente.fr/




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