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Monde

Où en est la lutte au Chili ?

Chili. Le gouvernement Pinera prépare un mois de concessions infimes et de répression

A une semaine de la fin de l'été au Chili, le président, Pinera, a annoncé sur son compte Twitter que "le gouvernement s'est préparé à pérenniser l'ordre public et à promouvoir une marche d'accords". Que signifient réellement ces déclarations ?

lundi 24 février

Source : http://www.laizquierdadiario.cl/Pinera-anuncia-un-marzo-de-represion-y-migajas

Crédit photo : SEBASTIAN BELTRAN GAETE/AGENCIAUNO

Traduction : Alba Nur

La révolte qui a ouvert un conflit au caractère historique en octobre est loin d’être résolue et le gouvernement est clair à ce sujet. Ce n’est pas pour rien que la porte-parole du gouvernement, Karla Rubilar, a consacré toute semaine dernière à mettre la sauvegarde de l’ordre public au centre de son activité politique, ce qui signifie concrètement le maintien de la politique répressive et criminelle menée tout au long de 2019 et de l’été 2020, c’est-à-dire les mutilations, les tortures et les assassinats.Le gouvernement Piñera confirme qu’il est prêt à tout pour s’opposer à la suite des mobilisations.

Le gouvernement cherche aussi à convaincre l’opposition d’approuver leur misérable programme social qui, par des changements superficiels, vise à sauvegarder les piliers centraux du régime. En fait, chaque point de l’agenda social finit par profiter aux hommes d’affaires et donner des miettes à la population :

1- L’augmentation du salaire minimum ou "revenu minimum garanti" de 300 000 dollars, (ce qui ne suffit pas à couvrir un panier familial de base) est une subvention pour les hommes d’affaires, financée avec les impôts que nous sommes tous obligés de payer quotidiennement, afin que leurs bénéfices ne soient pas affectés.

2 - L’augmentation de la pension de solidarité de base, qui a signifié une augmentation de 50% dans le meilleur des cas, reste un chiffre misérable (165 302, l’équivalent de 190 euros).

3.- Les réformes du système de santé ne soulèvent aucune question concernant la crise des infrastructures et des intrants de santé publique, et mettent au centre l’expansion de certaines des fonctions du Fonasa (fonds privés) en gardant intactes les infrastructures qui se font des bénéfices aux dépens de la santé de tous.

On observe également le peu d’attention du gouvernement sur les questions d’éducation. Ce sont les lycéens qui ont initié la révolte et mis en échec le développement du PSU et pourtant, le gouvernement ignore complètement les revendications de ce secteur. Il n’est pas question de discuter de la gratuité de l’éducation ou d’accès universel à l’université, puisque Pinera se préoccupe davantage de réprimer la jeunesse que de trouver des solutions à ses revendications.
Les mobilisations reprennent ces dernières semaines au Chili, et malgré la « normalité » qu’aime prôner le gouvernement en réalité, rien n’est comme avant. On peut le voir à travers les manifestations quotidiennes qui persistent, la perturbation de la PCU (équivalent du Bac) organisé par la jeunesse, mais aussi plus récemment à travers la perturbation d’un festival de musique sur la côte chilienne, qui a été perturbé par la foule en colère.

Le quotidien frère de Révolution permanente, la Izquierdia Diario, relaie ces images :

Les médias bourgeois ont censuré les perturbations, mais les internautes et festivaliers ont pu relayer les images avec le mot d’ordre : « Sans justice, il n’y aura pas de festival ». Des chiliens déterminés à lutter pour la justice et contre un gouvernement qui réprime et censure.

Afin de dépasser les changements superflus et de remettre en question les piliers qui soutiennent ce régime néolibéral, il est nécessaire que les travailleurs entrent en scène, et construisent la journée historique de grève et de mobilisation du 12 novembre dernier. Pour cela, la CUT, la Table d’Unité Sociale, les assemblées territoriales et les organisations de gauche doivent se mettre à disposition pour constituer un plan de lutte qui organise la grève générale, et permettent l’organisation d’une véritable assemblée constituante libre et souveraine




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