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pandémie

Chine. A Hubei les habitants en exode après deux mois de confinement forcés

Depuis la levée des restrictions de déplacement dans la province de Hubei, épicentre du virus en Chine, la population tente de fuir par tous les moyens après plus de deux mois d’un confinement brutal. Cependant, d’autres provinces de Chine n’autorisent toujours pas l’accès aux habitants du Hubei ; ce qui a mené à des affrontements violents, symbole d’un ras-le-bol social inédit sous la présidence de Xi-Jinping.

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C’est un véritable exode de la population confinée depuis deux mois qui se produit. Des foules énormes ont bloqué les gares et bus dans la province du Hubei ce mercredi, afin de saisir leur première chance de voyager après deux mois de confinement imposé dans la principale région touché par l’épidémie de coronavirus en Chine. Voulant pour la plupart retrouver leurs proches dont le confinement les a brusquement séparés, les habitants ont été atterrés de constater, en voyant des murs de policiers en armures et boucliers, que beaucoup de provinces frontalières continuent d’appliquer les restrictions.

La police bloque la route sur le pont de Jiujiang, les habitants du Hubei révoltés

Les forces de l’ordre de la ville frontalière Jiujiang dans le Jiangxi n’ont pas autorisé les personnes en provenance de Hubei à traverser le pont reliant les deux provinces pendant plusieurs jours, ce qui a provoqué le déclenchement des manifestations spontanées des habitants du Hubei qui ont occupé le pont de Jiujiang dans l’après-midi, renversant des véhicules de sécurité, le tout en criant « liberté pour le Hubei ».

Bien que la gestion chinoise de l’épidémie de Covid-19 soit présentée par beaucoup comme ayant été « exemplaire  » et « efficace », l’exode et les nombreuses tensions sociales qui émergent en Chine démontrent les limites d’un confinement policier anti-démocratique ou la population est criminalisée et laissée dans le flou sur la situation réelle. Le verrouillage total qui s’est mis en place au mois de janvier a eu des conséquences tragiques ; les populations les plus précaires ont, pour beaucoup, perdu leur emploi ou leurs salaires tout en faisant face à une inflation et une spéculation sur les produits de première nécessité. Obligée de rester enfermée deux mois dans de petites habitations, il est tout à fait compréhensible que la population cherche à retrouver des proches après une séparation souvent brutale.

Mais cela ne suffit pas pour comprendre les scènes d’exodes de ces derniers jours. La population veut fuir car elle n’accorde plus aucune confiance envers le Parti Communiste de Chine qui a eu une gestion criminelle de la crise lorsqu’il a tenté de cacher l’existence du virus à un moment critique où le Covid-19 pouvait encore être endigué à la source. Le PCC, en plus de nier l’existence du virus, a durement réprimé les lanceurs d’alerte qui ont essayé d’informer la population de Wuhan et le monde sur le danger du virus. Au-delà de la censure qui s’est exprimée dans un premier temps, le PCC n’est pas venu en aide aux secteurs ouvriers, les plus précaires, et aux petits commerçants très fortement atteints par les pertes de revenus liées aux mesures de quarantaine. Le PCC n’a pas non plus empêché les phénomènes d’inflations de se produire, mais elle les a organisés, comme lorsque la police a arrêté un homme qui vendait des produits à des prix inférieurs à ceux des réseaux d’approvisionnement officiels.

Bien que le parti communiste de Chine et Xi-Jinping arrivent à capitaliser sur la gestion de la crise à l’international avec l’exportation de son modèle de confinement, en interne, de fortes tensions s’expriment avec l’émergence d’un mécontentement social qui a de moins en moins peur de pointer du doigt les dirigeants du PCC.

Le cas chinois doit nous alerter ici en France, où le gouvernement décrète chaque semaine de nouvelles mesures répressives, tout en maintenant la productions non-essentiels à la lutte contre la pandémie, et en profitant de la conjoncture pour avancer la plus importante attaque du droit des travailleurs sous la Vème république, le tout sous couvert « d’union sacrée » avec la loi d’urgence sanitaire.


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