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Choc. Bridgestone veut fermer son usine de Béthune et sacrifier 863 salariés

Ce mercredi 16 septembre, le fabricant japonais Bridgestone, qui emploie environ 3 500 personnes en France, a annoncé brutalement la fermeture de l’usine de pneus de Béthune. Face à cette attaque patronale qui laisserait 863 salarié-es sur le carreau la revendication de sa nationalisation sous contrôle des salarié-es mérite d'être posée.

mercredi 16 septembre

Crédit photo : AFP / DENIS CHARLET

Une annonce brutale et inattendue qui menace des centaines de salariés

Invoquant une surcapacité de production en Europe ainsi que la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, le fabricant japonais a pris la décision de fermer son usine française. Une annonce qui a frappé brutalement les salariés ce matin, et un nouveau coup dur pour des travailleurs et travailleuses.

Laurent Dartoux, le PDG de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient s’est chargé hier de défendre ce lourd choix en évoquant la surcapacité de production européenne et un manque de « compétitivité », notamment face à la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. « Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l’entreprise » a-t-il déclaré à l’AFP. Des grands mots qui cachent mal l’évidence : la seule viabilité que l’entreprise chercher à assurer c’est celle de ses profits.

Dans un communiqué, Bridgestone se dit « pleinement conscient des conséquences sociales d’un tel projet et s’engage à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour définir un plan d’accompagnement adapté à chaque employée ». Une communication convenue, qui cache mal le choix, lui aussi « pleinement conscient », de sacrifier 863 salarié-e-s du site, en activité depuis 1961, dans l’espoir d’accroître ses bénéfices.

Des annonces d’autant plus scandaleuses pour les syndicats que, ces dix dernière années aucun investissement n’a été fait pour relancer la compétitivité du site laissé presque à l’abandon. En 10ans les effectifs de Béthune ont chuté de 40%. En ce sens, même le gouvernement via Elisabeth Borne (ministre de l’emploie) et le président de la région Xavier Bertrand ont appelé Bridgestone à « prendre ses responsabilités » reconnaissant que l’entreprise a « largement désinvesti l’usine de Béthune depuis de nombreuses années au profit de ses sites européens, entraînant ainsi un déficit de compétitivité et qu’au surplus, il a alloué au site des produits à faibles marges ».

Face à la crise, l’urgence de coordonner les secteurs autour d’un programme radical

Pourtant, malgré la dénonciation de la « brutalité » de cette annonce par le gouvernement, et la demande « que soient ouverts et analysés en détail l’ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site », les perspectives offertes par ces institutions apparaissent plus que douteuses. Dans un contexte de crise économique profonde dans l’industrie, les risques sont grands que les promesses de reprise servent surtout à calmer la colère des salariés avant de les mener, comme dans le cas de l’usine Whirlpool d’Amiens, dans l’impasse. En l’absence de perspectives de reprise, l’idée de « vendre sa peau le plus chère possible » ne promet pas non plus un avenir rayonnant dans une période de dépression, où le chômage s’accroît et où l’économie menace de s’effondrer.

Dans ce cadre, seule la revendication d’un programme radical, articulé autour d’un plan de bataille coordonné peut permettre d’offrir des perspectives aux milliers de salariés menacés de licenciements à l’heure actuelle. Un tel programme implique le refus total des licenciements mais aussi des attaques contre les conditions de travail, et le partage du temps de travail pour éviter le chômage. Dans le cadre d’une fermeture d’usine comme à Bridgestone, de même que dans l’ensemble des entreprises menacées de fermeture il s’agirait de revendiquer la nationalisation sous contrôle ouvrier.

Des mesures aussi radicales impliqueraient par ailleurs, pour s’imposer, une large coordination de tous les secteurs attaqués, essentielle pour rompre l’isolement. De Auchan à Alinea en passant par AAA ou Boiron, de l’automobile au commerce en passant par l’aéronautique, c’est en travaillant à construire un plan de bataille commun que les travailleurs pourront dépasser l’isolement et prendre en main leur lutte.




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