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Chômage-partiel à Auchan : les milliardaires à la tête du groupe refusent de compenser les pertes de salaires

Dans le sillage des 1475 suppressions de postes annoncées en septembre, Auchan a annoncé le basculement de ses hypermarchés en chômage partiel sans que les 16% non pris en charge par l'Etat ne soient compensés par l'entreprise. Une décision qui s’inscrit dans la droite lignée de la stratégie de maximisation des profits de la famille Mulliez dont la fortune est déjà estimée à 30 milliards d’euros.

Konstantin Militch

11 novembre 2020

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Des salariés de Auchan en grève en 2019 à Saint-Martin-Boulogne en 2019 contre la dégradation des conditions de travail/La Voix du Nord

Depuis la sortie du premier confinement où l’enseigne phare du groupe Mulliez, 6ème fortune de France, a vu son taux de rentabilité augmenter de 79%, la direction générale met en place une véritable casse sociale à travers son plan d’économies de long terme baptisé « Renaissance ». Alors que le groupe avait déjà prévu en janvier dernier un plan de départs de plus de 500 salariés puis, en septembre, la réorganisation de l’enseigne comprenant plus de 1400 suppressions de postes : - la fermeture de 9 des 11 centres de SAV ainsi qu’un remplacement des caisses traditionnelles par des caisses automatiques à hauteur de 80 %, ce sont les hypermarchés qui font l’objet d’une nouvelle attaque cette semaine.

Dans le cadre du nouveau confinement et suite à la décision du gouvernement de fermeture des rayons considérés comme non-essentiels depuis le 4 novembre dernier, l’enseigne a décidé de recourir au chômage partiel sans compenser les 16 % non pris en charge par l’État dans les hypermarchés en prétextant une perte de chiffre d’affaire alors même que l’entreprise a comptabilisé un excédent brut d’exploitation de 1,25 milliard d’euros ces derniers mois et qu’elle a par ailleurs versé 2 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires ces dernières années.

Cette nouvelle mesure a suscité la colère des salariés un mois après la mobilisation du 8 octobre où plusieurs centaines de travailleurs- de différentes régions de France avaient manifesté devant le siège du groupe Mulliez. En effet, les sections CGT et SUD n’ont reçu les documents nécessaires à la préparation des CSE censé débattre du basculement en chômage partiel que 24h à l’avance et certains salariés se voient déjà proposer, en alternative, de passer en "polyactivité" alors que cela n’est en aucun cas prévu dans les contrats de travail. L’objectif est clair : engranger toujours plus de bénéfices en sacrifiant toujours plus les salariés en mettant en place une polyvalence à outrance et l’augmentation des cadences de travail.

Face à cette offensive patronale, il est urgent de revendiquer la prise en charge à 100 % de l’activité partielle et de construire un rapport de force puissant permettant de préserver l’outil de travail et les emplois au-delà des journées de grèves sectorielles espacées une fois par mois dont la prochaine échéance est fixée au 27 novembre par la Fédération CGT Commerce et Services. Alors que la crise économique que nous traversons est la plus importante depuis 1929 et que d’ici la fin de l’année, le nombre de chômeurs supplémentaires va atteindre les un million, la revendication du partage du temps de travail entre tous et toutes, et cela sans baisse de salaire est d’une importance centrale.

En ce sens, développer les initiatives de regroupement des différents secteurs pour penser une contre-offensive collective à l’image des rencontres dans le secteur des transports ou encore la création du collectif des salariés de l’aéronautique constitue un embryon d’organisation face à la division que le gouvernement et le patronat veulent nous imposer.


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