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Christine Renon. Rassemblement à Bobigny, que la vague devienne tsunami !

Dix jours après le suicide de Christine Renon, directrice d'école à Pantin en Seine-Saint-Denis, plusieurs milliers d'enseignants se sont rassemblés à Bobigny pour lui rendre hommage mais aussi pour exprimer leur colère et dénoncer les conditions de travail.

jeudi 3 octobre

Ce jeudi, plus de 200 écoles de Seine-Saint-Denis sont fermées avec plus de 65% de grévistes. En région parisienne, c’est devant la DSDEN (direction des services départementaux de l’éducation nationale) que les enseignants ont souhaité se rassembler alors que se tenait au même moment une réunion de l’académie suite à au suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin en Seine-Saint-Denis.

« Christine, on t’a entendu, on ne t’oubliera pas ! », « Plus jamais ça », « Ne pas perdre sa vie à la gagner » pouvait-on lire sur plusieurs pancartes. Cette fois-ci, le suicide d’une enseignante à cause de la souffrance au travail ne se fera pas en silence. Christine Renon a bouleversé et réveillé le monde enseignant. En ce jour de son inhumation, les médias ont une nouvelle fois voulu faire croire qu’elle était fragile. Non ! La lettre qu’elle a laissée contient une remise en cause claire de cette institution qui reste muette face à la souffrance au travail des directrices d’écoles mais aussi de l’ensemble de la communauté éducative. Toutes les difficultés qu’elle exprime sont ressenties par toutes les directrices d’écoles mais aussi largement par les enseignants : surcharge, mépris, manque de moyens, solitude, épuisement, injonctions…

Des rassemblements regroupant des centaines d’enseignants ont eu lieu partout en France. A Toulouse par exemple, le rassemblement a réuni près d’un millier de professeurs. De nombreuses pancartes avec des slogans contre le silence de l’Education nationale et l’impossibilité de faire ce métier correctement comme ce slogan très fort : « J’enseigne, tu enseignes, il/elle enseigne, nous en saignons, vous ignorez, ils/elles meurent ».

C’est surtout au cri de « Blanquer démission ! », pour que la mort de Christine ne soit pas veine, que les enseignants sont aussi venus pour exprimer leur colère contre le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer qui voudrait passer sous silence les difficultés rencontrées par les personnels de l’Education. Il a eu l’audace de demander aux enseignants de faire une minute de silence pour Jacques Chirac dans leurs classes alors que jusqu’à ce jour, il n’a exprimé un mot sur son suicide.

Et sa vidéo balbutiante à de quoi laisser perplexe. Que propose-t-il ? Une nouvelle réforme réactionnaire. Il ressort du chapeau son « projet d’établissement public de savoirs fondamentaux » qui voulait supprimer des directeurs d’école, eux-mêmes enseignants de primaire partiellement ou totalement détachés. Les principaux des collèges avoisinants – sans connaissance du métier, ni visée pédagogique – deviendraient les supérieurs hiérarchiques des professeurs des écoles. Jusqu’où va-t-il pousser son cynisme ?

Blanquer et tous ses prédécesseurs qui n’ont de cesse d’organiser la casse de l’Education nationale sont responsables de la dégradation des conditions de travail, de la souffrance au travail, du suicide de Christine Renon mais aussi aux nombreux autres. C’est pourquoi ce jeudi, les enseignants se sont saisis du geste de Christine Renon afin d’exprimer un message clair à Blanquer : on ne laissera pas passer ces contre-réformes ! Cette journée est une première étape !

À celles et ceux qui se lèvent tôt, à qui on en demande toujours plus avec toujours moins et que l’on voudrait voir maintenant crever au boulot, la coupe est pleine. Pour qu’il n’y ait plus d’autres Christine, faisons reculer les réformes Blanquer et Delevoye. La vague qui se lève dans l’éducation peut devenir un Tsunami.




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