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Hommage

Cinéaste engagé, compagnon de route des luttes d’émancipation, Godard est mort

Le cinéaste Jean-Luc Godard est mort aujourd’hui à l’âge de 91 ans. Figure de la Nouvelle Vague ayant soutenu et accompagné les grandes luttes d'émancipation des années 1960 et 1970, il était de ces artistes subversifs prêts à mettre leur talent au service des combats de la classe ouvrière, des peuples colonisés et de la jeunesse.

mardi 13 septembre

Libération a annoncé ce mardi la mort de Jean-Luc Godard. Âgé de 91 ans, l’artiste a eu recours au suicide assisté en Suisse. « Il n’était pas malade, il était simplement épuisé. C’était sa décision et c’était important pour lui que ça se sache » a confirmé son épouse.

Né Paris en décembre 1930, Godard a fait ses débuts dans le monde du cinéma en tant que critique dans les années 1950 pour divers magazines de cinéma. Parallèlement, il commence à tourner quelques courts métrages, auxquels collaborent d’autres jeunes réalisateurs comme Éric Rohmer ou François Truffaut avec lesquels il animera la « Nouvelle Vague ».

Avec Godard s’éteint la dernière figure de ce courant qui a révolutionné d’un point de vue technique, cinématographique et narratif le cinéma. En 1960, À bout de souffle, son premier long-métrage en constitue pour Jacques Mandelbaum le « film inaugural », « parce qu’il invente la forme qui correspond le mieux à l’esprit novateur du mouvement, parce qu’il célèbre l’avènement d’une jeunesse qui, au même moment, se découvre et impose ses valeurs dans la société française. »

Comme cette jeunesse, Godard est un réalisateur engagé, qui se fait l’écho de la rébellion de la jeunesse contre la société capitaliste et prend position contre l’impérialisme dans le cadre des conflits coloniaux : l’Algérie avec Les petits soldats, le Vietnam, avec l’œuvre collective Loin du Vietnam, ou encore la Palestine, avec l’œuvre inachevée Jusqu’à la victoire du Groupe Dziga Vertov qu’il co-fonde. En mai 1968, Godard participe à faire annuler le Festival de Cannes en solidarité avec les travailleurs et les étudiants. Dans une séquence célèbre, il appelle à : « la solidarité du cinéma avec les mouvements étudiants et ouvriers qui se passent en France ».

Se faisant l’écho dans ses films de la radicalité qui a parcouru les « années 1968 » et 1970, Godard a gardé jusqu’à la fin de sa carrière cet esprit de subversion et de provocation. Le titre d’un de ses derniers films, Film Socialisme est évocateur de la persistance de cet engagement, de même que ses dernières déclarations évoquant son respect et son admiration pour la figure d’Assa Traoré.



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