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Cinq raisons pour les jeunes de se soulever contre la réforme des retraites

La réforme des retraites a été annoncée et depuis la riposte se prépare, à la date du 19 les raffineurs ont ajouté d’autres dates et la possibilité d’un départ en grève reconductible. Pour envisager de faire plier le gouvernement, la lutte doit être celle d’un tous ensemble et les facs et les lycées doivent en être !

mardi 17 janvier

Crédit photo : THOMAS SAMSON/AFP

1. Une réforme qui voudrait nous faire mourir au travail

La réforme de Macron implique un recul de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans et une accélération de la loi Touraine qui impose de travailler pendant 43 ans pour faire valoir le droit à une retraite complète. En dessous de la durée de cotisation requise, les pensions de nos retraites seront grevées par la décote, proportionnellement au nombre de trimestres qui n’auront pu être accomplis. Cette réforme n’a rien de féministe ou de juste : c’est une réforme anti-ouvrière, qui pénalise les carrières hachées et celles et ceux qui ont des contrats précaires, dont la majorité sont occupés par des femmes.

Pour notre génération, une telle réforme dans un contexte de précarisation du marché du travail, c’est la garantie non seulement de partir tard mais aussi avec des pensions ridicules car il faudra avoir cotisé 43 ans pour toucher une retraite à taux pleins. Pour tout.e.s les étudiant.e.s qui iront au bac +5 sans redoublement et sans période d’inactivité par la suite, le départ à la retraite ne se fera pas avant… 66 ans !

Nous le constatons tous dans notre entourage, et à fortiori dans nos propres emplois. Déjà aujourd’hui, on ne peut pas travailler jusqu’à 62 ans en étant en bonne santé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à 60 ans, seulement 48% des personnes résidant en France sont en situation d’emploi. Bien souvent, les autres ne peuvent tout simplement plus travailler et doivent survivre du chômage, du RSA ou dépendent d’autres aides, en attendant d’atteindre l’âge de départ à la retraite. L’espérance de vie en bonne santé s’élève en France à 64,1 ans pour les femmes, à 62,7 ans pour les hommes, quand un tiers des hommes les plus pauvres sont déjà morts à 64 ans.

Concrètement, le recul de l’âge du départ à la retraites c’est la promesse de finir de travailler avec une santé (très) dégradée, ou de ne jamais finir du tout... C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas nous contenter de revendiquer le retrait de la réforme, mais aussi le recul de l’âge de départ à 60 ans et le droit au départ à 55 ans, à taux plein, pour tous les métiers pénibles.

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2. Une réforme pour nous faire payer la crise

Pour justifier sa réforme, le gouvernement ne cesse de répéter l’importance du déficit, qui s’aggraverait fatalement faute d’un recul de l’âge de départ à la retraite. Le déficit du système de retraite estimé par le gouvernement lui-même est estimé à 13,5 milliards d’euros en 2030

Un chiffre qui semble dérisoire quand on sait que rien que sur l’année 2022 les géants du CAC 40 ont versé 80 milliards d’euros à leurs actionnaires Ça n’est pas l’argent qui manque, si on sait où regarder.

Tandis que le risque de déficit est largement discutable, pourquoi accepter que ça soit aux travailleurs, les agents de nettoyage, les ouvrières, les caissières, les profs, les employés qui devraient trimer jusqu’à 64 ou 67 ans ?

3. Une réforme pour travailler plus longtemps dans un monde de chômage, d’inflation et de précarité

Reculer l’âge de départ à la retraite c’est aussi réduire le nombre d’emplois disponibles pour les nouveaux entrants sur le marché du travail, et augmenter le chômage. Alors que chez les moins de 25 ans en France le chômage a augmenté sur l’année 2022 pour s’élever à plus de 18%, il faudrait que nos parents et nos grands-parents continuent de trimer plus longtemps.

Nous sommes dans une situation absurde où une récession mondiale nous pend au nez, menaçant le chômage d’une explosion, et où le gouvernement veut maintenir les travailleurs âgés en poste jusqu’à l’épuisement. A rebours de cette politique il nous faut exiger le partage du temps de travail entre toutes et tous, pour travailler tous et en finir avec le chômage mais aussi travailler moins et travailler mieux, sans réduction de salaires.

Cette réforme et cette volonté de nous faire travailler plus longtemps, arrive alors que la situation est particulièrement compliquée. Au chômage s’ajoute l’inflation, qui tourne autour de 6% sur la fin 2022. Cette dernière a fait exploser le prix d’un panier de courses et pourrait faire monter en flèche nos factures d’électricité à la fin du mois de janvier. Le covid l’avait révélé, la jeunesse vit dans une précarité importante et l’inflation est en train d’aggraver grandement la situation, à tel point que 7 jeunes sur 10 sont contraint de réduire leur consommation à cause de la hausse des prix.

Pour ne plus subir le poids de l’inflation, il faut imposer une augmentation générale des salaires, et qu’ils soient automatiquement augmentés au rythme de l’inflation. Pour mettre un terme à la précarité dans la jeunesse il faut instaurer un revenu étudiant à hauteur du SMIC financé par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes.

4. Une réforme à l’image d’un futur dystopique

Cette réforme dessine pour notre génération un futur fait de travail, de précarité et de souffrance. Elle nous promet une retraite très tardive. On nous promet que l’espérance de vie grandit mais quand sera-t-il si des épisodes caniculaires comme celui de l’année dernière se multiplient ? Ou si les épidémies comme le covid deviennent monnaie courante ?

Face aux conséquences de la crise climatique qui nous attendent, on nous propose de passer notre vie à la gagner, à travailler pour un système qui détruit chaque jour un peu plus la planète. Se battre contre la réforme des retraites, c’est prendre la décision de se battre pour un autre avenir, pour un changement radical qui puisse empêcher une fin de vie accélérée pour nous, comme pour la planète.

5. Se battre contre la réforme parce qu’on peut gagner et faire reculer Macron

Pour faire reculer le gouvernement, il nous faut engager un rapport de forces. En 2019, Macron avait été contraint d’arrêter sa réforme grâce à la grève historique des travailleurs des transports, qui avait paralysé la capitale. Dans chaque université et lycée nous devons réunir des assemblées générales pour préparer une mobilisation générale aux côtés des travailleurs, comme en 2018, en 2016, en 2006 ou encore en 1968. Le mouvement étudiant peut jouer un rôle de radicalisation, un rôle pour sortir le mouvement d’un terrain purement économique pour poser la question de nos vies et de la société à laquelle on aspire.

Des grèves sont appelées et devraient être très suivies dans des secteurs clés comme la pétrochimie et l’énergie. Si nous étions des centaines de milliers de jeunes aux côtés des grévistes, pour manifester, bloquer les universités, multiplier les actions concertées avec les travailleurs, nous pourrions aider à faire reculer le gouvernement ! Le combat contre la réforme des retraites, c’est le début de la lutte pour une autre société où on ne meurt pas au travail, une société débarrassée des crises économiques, des catastrophes climatiques : une lutte anticapitaliste !



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