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Politique

Cluster du variant britannique à Marseille : quelle stratégie pour briser les chaînes de contamination ?

Alors que la situation sanitaire s’empire sur le territoire français avec huit nouveaux départements qui se sont vus contraints d’avancer leur couvre-feu à 18h et ce malgré les contestations sur l’efficacité de cette mesure, et que la stratégie de vaccination du gouvernement révèle ses limites, un nouveau foyer du variant anglais, le SARS-CoV-2, a été découvert à Marseille avec huit nouveaux cas.

mardi 12 janvier

Le 2 octobre à Marseille
Crédits photos : Nicolas Tucat. AFP.

Selon les données publiées dimanche par Santé publique France, près de 16 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés, loin de l’objectif du gouvernement de moins de 5000 cas par jour. Dimanche, le nombre de personnes hospitalisées dû au Covid-19 s’élevait à 24 526 et environ 2620 personnes étaient en réanimation. Une situation sanitaire qui laisse l’hôpital sous importante tension, avec le risque d’une troisième vague à venir et en prime le risque important que se développe les variants Anglais/Sud-Africain.

Alors que la situation sanitaire nationale est inquiétante, un nouveau foyer du variant anglais au sein d’un cluster familial a été découvert à Marseille, avec huit confirmations de contamination. Pour la professeure Valérie Giordanengo, chef de service de virologie au CHU de Nice : "à ce stade, on ne pense pas que ce variant soit plus pathogène ». Toutefois, cette mutation du virus pourrait être beaucoup plus contagieuse. En effet, toujours selon Valérie Giordanengo au journal Nice-Matin : « Ces mutations augmentent en effet la stabilité de la liaison entre le virus (la clé) et les récepteurs (la serrure) à la surface des cellules, ce qui explique la contagiosité accrue de ce variant ». Le virus ne serait donc pas directement plus létal, mais sa progression plus exponentielle et forcément plus meurtrière.

Face à la découverte de ce foyer, « l’inquiétude » demeure dans la cité phocéenne et l’avancement de l’horaire du couvre-feu reste une mesure très contestée sur son efficacité. Face à la précarité qu’a produit le confinement et à la disparité d’accès au soin d’une partie de la population de Marseille, notamment dans les quartiers Nord, la propagation du variant anglais risque de provoquer beaucoup de dégâts. Le préfet des Bouches-du-Rhône s’est contenté d’annoncer que « tous les moyens étaient mis en œuvre pour garantir la sécurité sanitaire lors des entrées sur le territoire national » et précise que « les passagers testés positifs (moins de 0,5 % des personnes contrôlées) se voient notifiés un arrêté préfectoral portant mise à l’isolement ». Il s’agit de mesures qui, en cherchant à pister le variant, continuent à s’inscrire dans un registre liberticide qui n’a eu cesse depuis de le début de la crise de marquer par son inefficacité.

À l’heure où le nouveau variant tend à se répandre, comme en témoigne ce nouveau cluster à Marseille, il serait plus que nécessaire de mettre en œuvre l’ensemble des moyens pour chercher à briser les chaînes de contamination. Pour cela, en l’absence d’immunité collective, il s’agirait de mettre en place une stratégie de prévention que le gouvernement n’a jamais réussi à mettre en œuvre : le « tester, alerter, protéger » est la seule manière de faire.

Mais cette stratégie doit exclure toute mesure autoritaire liberticide. À l’opposé, elle doit s’appuyer sur une politique de santé publique, fondée sur l’alliance des professionnels et de la population mobilisée. Une stratégie qui repose sur le respect collectif des « gestes barrières » pour éviter les contaminations, mais aussi et surtout sur un dépistage précoce et rapide ainsi que sur l’isolement des personnes infectées et des cas contacts.




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