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Jeunesse

Le Poing Levé Lycée

Colère, blocus et répression : retour sur la mobilisation lycéenne du 18 octobre

Depuis plusieurs années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération militante dans les lycées. Ce mardi 18 octobre, à nouveau, dans de nombreux établissements, les élèves ont bloqué pour exprimer leurs revendications et apporter leur soutien aux grévistes.

mercredi 26 octobre

Dans un contexte de crise économique d’ampleur, alors que le gouvernement est déterminé à faire payer la crise au monde du travail et à la jeunesse, la mobilisation des raffineurs ces dernières semaines a replacé la question de l’augmentation des salaires et de la méthode de la lutte des classes au centre des débats. Si la journée de mobilisation du 18 octobre, s’est conclue sur un bilan en demi-teinte et très en deçà de l’enthousiasme suscité par la grève des raffineurs, de nombreux lycéens se sont saisis de l’occasion pour exprimer leur colère.

Une colère lycéenne en réponse aux attaques du gouvernement

Ainsi ce mardi, plusieurs centaines de lycées étaient mobilisés, notamment en région parisienne (à Hélène Boucher (20ème), Arago (20ème), Sophie Germain (4ème) ou encore à Juliot-Curie (92), Jean Macé et Pablo Picasso (94), etc.) mais aussi sur l’ensemble du territoire, comme à Brequigny (Rennes) où près de 600 lycéens ont participé au blocage de leur établissement. Toute la semaine, près d’une vingtaine d’établissements en région parisienne ont réitéré des tentatives de blocage selon CNEWS.

Depuis plusieurs années, les contre-réformes et attaques s’enchaînent à l’éducation nationale, de la réforme du bac en passant par l’instauration de Parcoursup à la dernière en date, prévue pour 2023, qui vise à doubler le nombre d’heures passées en entreprise pour les élèves des lycées professionnels (et donc à multiplier par deux le temps de travail « gratuit » des lycéens).

En d’autres termes, la colère qui s’est exprimée ce mardi 18 octobre dans des centaines de lycées, bien qu’attisée par la violente répression des lycéens de Juliot Curie ces dernières semaines (en direction de qui un grand nombre de lycéens mobilisés, notamment en région parisienne, ont exprimé des marques de solidarité) n’est pas nouvelle. En effet, depuis quelques années, on assiste régulièrement à des phénomènes de blocage et de mobilisation sur les lycées qui prennent leur source dans la destruction en règle de l’école publique menée par la macronie (d’abord sous la direction de Blanquer et dans cette droite lignée désormais sous le patronage de Pap Ndiaye)

Ces mobilisations, pour l’heure encore minoritaires, comme durant la COVID contre la gestion catastrophique de la pandémie par le gouvernement, ou encore à l’occasion de l’entre-deux tours de l’échéance présidentielle ont fini par constituer une génération militante et politisée dans les lycées, dont la mobilisation de ce mardi a été un nouveau signe.

En outre, même si les principales revendications qui se sont exprimées touchent à des problématiques strictement lycéennes (Parcoursup, réforme du lycée pro, avancement des épreuves de spécialités, etc.), la colère lycéenne est plus large. C’est ce qu’ont démontré -une nouvelle fois- le début de mobilisation lycéenne du 18 octobre et la capacité à se solidariser des grévistes en lutte pour leurs salaires. Plus largement, face à l’avenir de misère promis par la macronie, les mots d’ordre sur la crise climatique, contre le racisme d’Etat, et globalement pour une remise en cause du système capitaliste étaient nombreux sur les différents blocus.

Une répression administrative et policière pour tuer la mobilisation dans l’oeuf

Dans ce contexte, une fois de plus, l’Etat, bien conscient du potentiel explosif des lycées, a cherché à briser dans l’œuf un début de mobilisation lycéenne. Ainsi depuis plusieurs semaines, la seule réponse offerte à la mobilisation des lycéens de Juliot Curie à Nanterre (92) contre la cabale antisyndicale à l’encontre de Kai Terada, un de leurs professeurs, pour davantage de moyens et le droit à s’habiller comme ils le souhaitent, a été la répression et la violence policière (jusqu’à l’interpellation de plus de 30 élèves de l’établissement) .

Ce mardi, à nouveau, les interpellations et charges policières se sont multipliées, notamment en banlieue, ou encore au lycée Voltaire à Paris et à Pablo Picasso dans le 94. En outre, la répression n’est pas le seul apanage de la police. Elle s’articule avec le fonctionnement d’une institution qui de plus en plus cherche à interdire toute expression politique des lycéens. C’est ce dont témoigne Dora, lycéenne en terminale au lycée Voltaire (11e) : « En plus de la répression policière, il y a celle de nos établissements. On reçoit de multiples menaces de nos administrations, et, très concrètement, on peut se faire virer ».

Plus largement, l’Etat mène en parallèle une véritable offensive idéologique à l’école, sous couvert de défense des valeurs de la République et de la laïcité. On se rappelle notamment de la campagne contre le wokisme menée par Blanquer durant le précédent quinquennat. Dernière offensive en date, le SNU, véritable service militaire qui ne dit pas nom, devrait être généralisé à l’horizon 2024.

Solidarité et auto-organisation : comment faire face à Pap Ndiaye et ses réformes

Face au renforcement de la répression contre les lycées et à l’accélération du train des contre-réformes, la -nouvelle- mobilisation des lycéens, dont le soutien aux grévistes porte un potentiel fortement subversif, a été une première réponse importante, qui doit encourager à préparer la suite.

Face à la répression d’Etat, de sa police et de l’institution, il est nécessaire que l’ensemble du personnel éducatif se solidarise des lycéens, et en premier lieu leurs professeurs, comme c’était le cas dans certains lycées ce mardi, pour défendre à leurs côtés leurs revendications.

Côté lycéen, il y a urgence à se préparer pour de futurs conflits. Pour cela, il faut se préparer à organiser des assemblées générales dans tous les lycées, afin d’étendre la mobilisation à la majorité des élèves. Face aux offensives des directions d’établissement, c’est un combat politique en propre que de revendiquer des espaces pour se réunir au sein même des établissements et d’avoir un lieu de discussions. Les lycées ne doivent pas être des lycées-casernes !

Et en ce sens, et dans un deuxième temps, des cadres de coordination inter-lycées pourraient permettre de lutter contre l’isolement et de faire advenir un tous ensemble pour frapper plus fort pour le retrait de Parcoursup, de la réforme Blanquer ou encore celle des lycées professionnels !

C’est pour défendre ce programme et ces perspectives que nous avons lancé notre propre collectif lycéen, Le poing Levé Lycée, contactez-nous sur nos réseaux sociaux pour en discuter avec nous.



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